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Ronan et Erwan Bouroullec : « Tout projet que l’on fait doit être reproduit »

1 septembre 2019 - 8h40

Ce duo fraternel de designers, dont le travail a déjà été exposé en Principauté, compte une multitude de réalisations dont le rayon d’action balaye aussi bien des projets d’aménagement urbain que de créations de mobilier, bijoux, éléments de salles de bains… Ronan Bouroullec se confie sur leur passion commune pour le design et leur démarche professionnelle.

L’envie d’être designer a pris forme lorsque Ronan, à l’aune de ses 15 ans, a intégré un lycée technique d’arts appliqués. « Pour moi cela a été une renaissance, je m’ennuyais tellement à l’école. Je dessinais mais les arts appliqués m’étaient inconnus. C’est en classe que j’ai commencé à avoir des sujets liés aux objets, à la photographie, au graphisme et c’était une évidence que cela serait ma vie. J’ai l’impression d’être monté dans un train qui roule encore », relate le designer. Il poursuit ses études à l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs tout en réalisant en parallèle des projets professionnels dès l’âge de 18 ans. Ces succès novices lui permettent aujourd’hui de comptabiliser presque 30 ans de métier.

Deux frères, un métier

 Ce début de « carrière étrange », comme il le dit, prend une tournure familiale avec l’intégration d’Erwan, son jeune frère diplômé de l’Ecole nationale supérieure d’arts de Cergy-Pontoise. « On est comme un vieux couple », lance dans un sourire Ronan Bouroullec. Après quinze ans de travail conjoint, les frères Bouroullec sont indissociables sur le plan professionnel. « Erwan aurait pu faire autre chose, mais il a décidé de m’aider. Nous sommes très différents et nous ne sommes pas toujours d’accord, mais je pense que l’on a des points communs et être créateur est l’un deux. Nous pourrions très bien travailler de manière indépendante, je suis convaincu que cela fonctionnerait également, mais notre duo et plus largement notre équipe, est une force. C’est ce qui nous permet d’avoir une telle variété de projets », analyse-t-il.

 

Erwan et Ronan Bouroullec © Studio Bouroullec

 

Projets industriels…

 Ainsi, le duo a créé du mobilier de bureaux pour Magis, une collection de parois textiles North Tiles avec la marque danoise Kvadrat pour laquelle elle a également réalisé les showrooms de Stockholm et Copenhague, une collection d’art de la table Ovale pour Alessi, une autre intitulée Axor pour salle de bains avec Hansgrohe, les tapis Losanges pour Nanimarquina, une collection de carreaux en céramique Piano pour Carrément Victoire… L’énumération est interminable et les frères concèdent d’ailleurs ne pas connaître toutes leurs réalisations : « Cela doit se compter en quelques centaines, pas encore en milliers », regrette presque Ronan Bouroullec. Il pourrait très bien être qualifié de perfectionniste ou d’éternel insatisfait. « Le temps définira si certains projets ont résisté et donc étaient d’un niveau indiscutable. Je suis passionné de cette discipline donc j’espère toujours mieux faire, découvrir quelque chose de différent, rencontrer un artisan, un nouveau producteur. C’est un peu mon problème, on a des succès, c’est très bien, mais je vois toujours le défaut et je ne baisse jamais ma garde. C’est pour cela que lorsqu’un éditeur arrête un projet, cela ne me pose pas de problème car je pense qu’il y a toujours mieux à réaliser », détaille-t-il.

…et projets urbains

 « Nous réalisons de plus en plus de projets urbains sur la recherche de la ville, ce qui se passe entre les bâtiments, comment sont conçues les places, où sont les fontaines. Nous avons fait un grand projet à Miami, une espèce de très grande pergola d’une centaine de mètres dans la rue principale, nous menons des projets urbains à Rennes et Bâle en Suisse sur l’aménagement », explique Ronan Bouroullec. Mais cela ne l’empêche pas de suivre l’aboutissement de plusieurs projets. Pour cause, ceux-ci prennent en moyenne deux ans pour voir le jour !

Diversité

 « Il faut considérer que le design est une discipline d’intelligence collective. Cela veut dire qu’un designer seul n’est pas grand-chose. Il a besoin d’un éditeur pour fabriquer ses objets, il doit se confronter aux ingénieurs, aux artisans. C’est un monde qui nécessite le dialogue et qui n’est pas un monde autonome », résume Ronan Bouroullec. Les deux frères ont d’ailleurs dessiné les nouvelles fontaines des Champs-Elysées, un écran Serif TV pour Samsung en 2015, une application Cercles pour iPad ou dépasser les frontières avec une invitation en janvier 2018 au défilé Prada lors de la fashion week de Milan… Si l’on peut les croire comblés, il n’en est pourtant rien. « J’ai l’impression d’être dans un rêve dans lequel on court après quelque chose que l’on n’arrive pas à atteindre, j’aimerais faire un objet qui me satisfasse de manière extraordinaire et à ce moment-là, j’arrêterai de courir. […] Il faut une vie pour créer une œuvre, c’est-à-dire quelque chose de conséquent de qualité », confie ainsi Ronan Bouroullec.

Quête du graal

 « Pour nous, il n’y a pas de hiérarchie. Le sujet de la discipline, c’est tout ce qui n’a pas poussé naturellement sur Terre », résume-t-il avant d’admettre : « Il est vrai que le mobilier est un domaine que j’affectionne particulièrement. C’est une relation très naturelle de vivre avec ce qui nous entoure et aussi le fait que ce sont des objets plus durables que l’électronique par exemple. Je suis intéressé par la complexité et j’ai la phobie de la répétition ». Une démarche consistante qui a souffert d’une entorse à la règle : « Tout projet que l’on fait doit être reproduit. La seule exception a été pour le lustre de l’entrée du château de Versailles, après avoir initialement dit non, car cela allait à l’encontre de notre principe de base. Effectivement, l’énergie passée à mettre au point un projet prend en général plusieurs années, je trouve dommage de le faire pour un lieu unique ou un particulier », conclut-il.

Délia Kriel

Photos © Studio Bouroullec

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