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« L’édition 2019 sera plus égale pour les pilotes »

20 janvier 2019 - 9h38

Programmée du 22 au 27 janvier, la 87e édition du Rallye Monte-Carlo s’annonce aussi relevée que surprenante. « Jusqu’à la fin, l’on ne saura pas qui est le vainqueur », jure Christian Tornatore, commissaire général de l’ACM et directeur de l’épreuve.

C’est dans la fraîcheur matinale du 2 décembre que débutait la journée de formation des commissaires, organisée par l’Automobile Club de Monaco. Dernière répétition avant l’une des deux grandes messes automobiles annuelles, le fameux CRIC (circuit routier d’instruction des commissaires) a réuni près de 200 bénévoles. Rassemblés sous le chapiteau de Fontvieille, au milieu de certains bolides ayant bâti la légende du Monte-Carlo, les protagonistes écoutaient les ultimes recommandations avant de prendre la route. Un exercice grandeur nature qui les a menés de Roquebrune jusqu’à Eze, avec un temps à respecter et divers contrôles des commissaires, afin que ces derniers retrouvent leurs automatismes. Parmi les concurrents sur route, Christian Tornatore. Le commissaire général de l’ACM et directeur de l’épreuve a pu apprécier la bonne tenue de l’exercice. Peu avant le départ, il s’était d’ailleurs confié à La Gazette sur ses attentes, offrant, par la même occasion, une analyse du tracé du 87e Rallye Monte-Carlo.

Quelle importance revêt cette journée de formation lorsque l’on organise un rallye aussi prestigieux que le Monte-Carlo ?

Elle est d’une importance capitale car l’on s’aperçoit de ce qui ne va pas. Il s’agit de la dernière journée nous permettant de recadrer tout le monde. C’est un peu comme le stage des commissaires pour le Grand Prix qui, lui, s’étale sur plus de temps (deux jours, NDLR). Cela permet de revoir et de remettre tout le monde en condition. Même nous, (il mime des guillemets) les « sachants », sommes obligés de nous repositionner et cela nous permet aussi de participer d’une autre façon. Les organisateurs doivent également se mettre dans la peau des concurrents. Le CRIC (Circuit routier d’instruction des commissaires, NDLR), c’est l’occasion ou jamais de le faire.

Organisez-vous le CRIC à la demande de la FIA ou s’agit-il d’une initiative personnelle ?

Nous le faisons de notre propre chef. A l’Automobile Club, nous avons toujours été précurseurs. Nous essayons de devancer les obligations. Nous l’organisons depuis des années, c’est devenu une habitude mais c’est aussi une nécessité. Il ne faut pas oublier que l’on doit toujours relancer la machine, réexpliquer.

Comment procédez-vous ?

Les équipes de voitures ouvreuses partent avant les concurrents. Ces derniers ne rouleront pas vite, il s’agit là d’entraîner les commissaires. Equipés d’un carnet de contrôle, ils doivent respecter les horaires et suivre l’itinéraire. Le système de tracking nous permet de connaître à tout instant leur localisation. Une direction de course est également installée et suit toutes les voitures. Sur une journée, l’on fait trois épreuves où l’on entraîne tout le monde. Cela se fait tranquillement, sans excès de vitesse. Même si ce sont normalement des épreuves de vitesse, l’on roule tout à fait normalement. (D’un geste de la main, il désigne le parc automobile) Nous avons profité de la journée pour sortir de beaux modèles, cela fait plaisir à tout le monde et donne une impression de course.

L’an dernier, vous deviez appréhender le nouveau système de tracking et de chronométrage. Devez-vous faire face à plusieurs nouveautés imposées par la FIA, cette année ?

A priori, non. Concernant le système de suivi GPS et de chronométrage, nous avons essuyé les plâtres une fois de plus l’an dernier, mais cela s’était très bien passé. Le programme a dû évoluer, je n’ai pas encore eu le temps d’aller le voir. Je pense que l’on va sans doute suivre beaucoup plus de voitures que jusqu’à présent. Il existe suffisamment de moyens pour mettre des balises dans de nombreux véhicules donc il serait possible que les voitures de service soient suivies. C’est important car l’on a parfois besoin de joindre quelqu’un, sans jamais trop savoir où il se trouve. Le téléphone et la radio fonctionnent mais dans les conditions que l’on a en hiver et dans les montagnes, des difficultés peuvent apparaître.

Le parcours a été remodelé à 40%. Comment faites-vous le tracé ? Existe-t-il des contraintes de la haute instance ?

Pour cette année 2019, nous avons l’obligation de faire moins de 350 kilomètres. Une épreuve a été supprimée, passant ainsi de 17 à 16. Le tracé est de 325km, ce qui fait que la réduction permet également de réduire le coût global. Les coûts de fonctionnement d’un rallye sont toujours très élevés. Nous avons essayé de diminuer nos dépenses car nous n’avons pas plus de recettes que d’habitude, l’on a même moins de concurrents. Chaque année, nous en perdons pratiquement deux ou trois, ce qui provoque un peu d’inquiétude. Il faut faire attention sur les dépenses et nous avons essayé de les limiter en réduisant le nombre de kilomètres, d’épreuves, de personnels… La réduction demandée par la Fédération internationale, que l’on a respectée, est appliquée à toutes les épreuves du championnat du monde. Il n’y a pas que nous. L’an dernier, le Rallye Monte-Carlo approchait les 400km. Cela représente 15% de diminution de distance. Nous espérons que les frais diminueront aussi de 15%. (Il sourit)

L’Automobile Club définit le parcours comme étant « très sélectif ». Avez-vous hésité sur certaines épreuves ?

Il y a eu des discussions avec les maires des communes traversées pour différentes raisons. Savoir si l’on remettait les routes en état après le passage des concurrents, par exemple. On le fait. Les routes sont moins détériorées puisque le nombre de concurrents baisse, mais on comprend l’inquiétude. Globalement, je crois que nous avons l’accord unanime des élus locaux. Ils se rendent compte que le fait d’accueillir une épreuve, importante et retransmise mondialement, les dynamise. Cela leur permet de travailler un peu plus et de gagner de l’argent en ouvrant, par exemple, une buvette sur la place du village, distribuant des boissons chaudes aux spectateurs.

Quelles sont vos contraintes ?

Il n’y en a pas vraiment. On essaye simplement de trouver des épreuves « compliquées » et le plus haut possible en altitude. Notre constat, c’est que l’on a de moins en moins de neige. Nous sommes obligés d’aller en altitude pour avoir du froid et des conditions hivernales. Nous ciblons des spéciales bien placées, c’est-à-dire pas trop éloignées du parc, nous permettant d’aller rapidement d’un point à l’autre. Il faut que cela tourne…

Raison pour laquelle peu d’épreuves se déroulent dans les Alpes-Maritimes ?

Il y a une tendance à rectifier toutes les routes. On le voit dans les Alpes-Maritimes, où l’on ne roule pratiquement plus, alors que nous avions bon nombre d’épreuves. Les routes ont tellement été améliorées et élargies ces dernières années que, maintenant, cela n’a plus aucun intérêt d’y organiser des spéciales. D’où l’obligation de repartir vers les extérieurs et donc les Hautes-Alpes, où il y a tout ce qu’il faut pour organiser de belles épreuves.

Vous évoquiez la perte de deux ou trois pilotes par an. Comment expliquez-vous ces retraits ?

(Du tac au tac) Les coûts, je pense. Auparavant, avec une voiture moyenne équipée, un amateur pouvait se faire plaisir. Aujourd’hui, si vous n’avez pas un minimum de niveau et de puissance, vous n’arrivez même pas à vous faire plaisir. La Fédération a estimé que ce n’était plus nécessaire de faire rouler les groupes N et 1, des voitures prises sur la chaîne et améliorées/équipées pour faire des rallyes. Nous n’avons plus le droit qu’à des R1, R2, R3, R4 et R5 et WRC. Puis, pour participer au Rallye Monte-Carlo avec une petite voiture, il faut compter entre 50 et 60 000 euros. C’est un gros budget pour faire une seule épreuve ! Donc, oui, l’on peut courir le Monte-Carlo mais il faut investir beaucoup d’argent. Ce n’est plus à la portée de tout le monde. Et puis, les pneumatiques coûtent cher, alors que notre rallye a toujours été connu pour sa mixité. De ce fait, on est obligé d’avoir un choix de pneumatiques important pour être toujours sur la route. Il faut faire attention et, pour avoir le choix, il faut en acheter. C’est un peu un cercle vicieux.

Quelles sont les nouveautés les plus excitantes ?

Les deux premières spéciales en nocturne dont la première sera télévisée en direct. Cela sera ensuite une découverte pour tout le monde, y compris pour les organisateurs car nous ne les avons pas vues en condition hivernale. Il y aura des surprises. (Il sourit) Surprendre, c’est un peu le but du Monte-Carlo. Il y en a eu l’an dernier, le tracé était très long et relativement à haute altitude. Des sorties de route mémorables s’étaient produites, ce qui avait un peu pénalisé le rallye d’entrée. Avec des épreuves de moins de 20km chacune, l’édition 2019 sera, je pense, plus égale pour les pilotes. En tout cas, il y aura moins de stress au départ.

Où peut se jouer la victoire ?

En 2018, je vous avais répondu Sisteron-Thoard. Avec les nouveautés cette année, toutes les épreuves seront compliquées. Même les concurrents qui habitent sur zone ne pratiquent jamais sur ces routes. Peut-être que Sébastien Ogier (originaire de Gap, NDLR) les aura connues auparavant… mais il sera bien le seul ! Le suspense sera total. On l’a vu au travers du dernier championnat du monde, les écarts étaient très minces entre les différentes voitures. Au Monte-Carlo, c’est finalement la journée du dimanche matin qui fait l’ultime sélection. C’est d’autant plus intéressant que, jusqu’à la fin, on ne saura pas qui est le vainqueur. C’est essentiel pour une course.

Propos recueillis par Jérémie Bernigole

©Jo Lilini

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