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Bruno Riberi, la lueur au bout du virage

21 janvier 2019 - 12h47

A 26 ans, le résident monégasque vient de signer la meilleure saison de sa jeune carrière en classe R5. Maître des routes de la région avec son co-pilote Florian Haut-Labourdette, Bruno Riberi espère, en 2019, asseoir sa domination dans l’Hexagone à la grâce d’une nouvelle compétition plus équitable. Cela passera, également, par la recherche de sponsors, le nerf de la guerre dans le sport automobile.

La pluie redouble d’intensité, rue Princesse Florestine. En cette mi-novembre, le ciel semble tomber sur la Principauté. Les conditions météorologiques, qui ont provoqué quelques dégâts sur le bord de mer, n’effraient pas Bruno Riberi. Il avance d’un pas décidé, fait un signe de la main puis jette un rapide coup d’œil à son smartphone. L’horloge affiche 14h30. A pied comme au volant de sa voiture de compétition, il est à l’heure, toujours régulier sur ses temps de passage. Pilote depuis ses 18 ans, le Français, qui réside en Principauté, a appris à dompter les éléments. Le déluge lui ramentevoit sa première spéciale, en 2010. C’était lors du rallye d’Escarène en Coupe de France, disputé au côté de l’expérimenté Freddy Delorme, ancien co-pilote de son père, de 35 ans son aîné. « J’ai eu de la pluie et du brouillard, commente-t-il en trifouillant sa barbe. Je ne savais pas comment glisserait la voiture. Finalement, je double deux concurrents et finis 9ème sur 120. » L’on pourrait penser que la figure paternelle a facilité la vocation. Que nenni. Dans son adolescence, Bruno ne jure que par le football et le motocross. Son arrivée dans le milieu ? L’obtention du permis en est l’élément déclencheur, Florian Haut-Labourdette la cheville ouvrière. L’un apprécie la conduite sportive et « l’improvisation au volant », l’autre, passionné de rallye, lui ouvre la voie. Leur rencontre au lycée fait date. Huit ans plus tard, malgré quelques ‘’infidélités’’ contraintes, le duo totalise 68 départs et signe une année 2018 très réussie au volant d’une Škoda Fabia R5 (trois victoires en Coupe de France – une de plus pour Bruno avec un autre co-pilote, Anthony Gorguilo – et de belles performances en championnat de France malgré un accident lors du Rallye du Var). « Nous avons une relation très forte, glisse Bruno. Il est important d’avoir un minimum d’affinité avec son co-pilote. Pour le championnat de France, nous passons quasiment une semaine ensemble. Florian, je le vois plus que ma copine ! » Le principal intéressé confirme : « Malgré notre amitié, nous sommes opposés dans la vie, mais cela s’avère complémentaire dans la voiture. Notre réussite en 2018 s’explique aussi par notre maturité. A notre âge, on comprend plus vite les choses. Puis Bruno est devenu plus posé et réfléchi ».

A la recherche de sponsors

Rien à voir avec les débuts du pilote, lui qui confesse volontiers « avoir fait n’importe quoi » à l’époque. Avec les années, l’objectif évolue. Un seul paramètre ne change pas. « Si ses parents le suivent, il n’a jamais été aidé par une fédération ou quoi que ce soit, regrette Florian. C’est difficile d’exister dans ce sport si tu n’as pas de relation, ou alors il faut être fort mentalement pour se surpasser. Nous avons commencé jeunes et seuls, par rapport à d’autres avec qui on luttait et qui étaient très bien entourés. On a fait au mieux ». Il insiste : « Bruno a un tempérament assez particulier. Il veut vaincre et fait toujours en sorte de réussir. C’est quelqu’un de naturellement doué, il a atteint un très bon niveau au fil des ans, tout seul. Il n’est jamais trop tard pour réussir en rallye, il n’y a pas d’âge ». Le pilote n’en démord pas. Travailler le matin dans le commerce familial, situé place d’Armes, lui permet de s’entraîner physiquement trois fois par semaine avec un coach sportif. Gainage, footing, réflexe… Autant d’exercices pour supporter l’exigence de la pratique. Le reste du temps, il visionne inlassablement les images tirées de sa caméra embarquée, dans une perpétuelle volonté de déceler la moindre erreur. Dans le rallye, il n’y a pas de place pour l’approximation. Surtout pour Bruno, compétiteur dans l’âme et « éternel insatisfait », même dans le succès. « En ce qui concerne l’engagement en course, je me cale par rapport à l’emploi du temps de Florian. En 2018, par exemple, on a disputé cinq courses, dont trois en championnat de France sur les neuf proposées », avance-t-il.

Mais si le duo ne peut goûter l’asphalte et la terre plus régulièrement, c’est également pour une question de budget. Une manche du championnat de France nécessite 20 000 euros, somme à partager entre la voiture, l’essence et l’assistance. Un investissement lourd. « Sans compter les pneus, souffle Bruno, qui loue le véhicule au Team Roger Tuning, basé à proximité de Cuneo. Pour disputer la saison entière, il faut tabler sur 300 000 euros. L’an dernier, on avait préféré participer à moins de rallyes mais avec une meilleure équipe, il n’y avait donc pas la possibilité de se battre avec les meilleurs, des équipages quasi professionnels. Nous avions aussi la chance de compter sur deux sponsors avec, cependant, la part la plus importante à régler. Je ne sais pas combien de temps la situation pourrait encore durer… » Pour y remédier, il prépare un book et démarche, agrémente également sa page Facebook où ses caméras embarquées font le bonheur des 6 200 personnes qui suivent ses performances. Ne sait-on jamais…

Un ticket pour l’élite

Dans la grisaille de cet avenir incertain malgré un talent, lui, certain, une lueur d’espoir. Selon certaines indiscrétions, un nouveau championnat R5 pourrait voir le jour. Un peu moins contraignant financièrement, il offrirait toutefois une réelle équité, puisque seulement ouvert aux amateurs. Le vainqueur se verrait offrir une place en World Rally Championship (WRC), où l’élite mondiale s’affronte, ainsi qu’un budget d’exploitation couvrant les frais de pneus, d’essence… « La FFSA (Fédération française du sport automobile, NDLR) veut pousser un jeune au plus haut niveau. C’est très motivant », s’exclame Bruno. Le résident monégasque pense avoir fait le tour de la question en Coupe de France et, sans moyens supplémentaires, ne peut lutter à armes égales en championnat de France. Cette compétition serait l’occasion idéale pour se révéler. « Je n’ai jamais rêvé d’être un pilote professionnel, mais j’ai récemment eu un déclic avec cette possibilité. Je redoublerai d’efforts pour réussir », promet-il, avant de partir d’un pas décidé, comme toujours. Peut-être reverra-t-on Bruno Riberi et Florian Haut-Labourdette, à terme, au Rallye Monte-Carlo. En 2012, lors de leur seule participation, ils avaient pris la 39ème place sur 82 engagés. Cette année-là, Sébastien Loeb et Daniel Elena s’étaient imposés. Encore une histoire mêlant la France et la Principauté…

Jérémie Bernigole

©Bastien Roux Photographie

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