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L’échafaudage, un secteur encadré et d’avenir

19 août 2019 - 17h30

Si l’on parle souvent de chantiers à Monaco, on évoque plus rarement les systèmes d’échafaudage. En Principauté, elles sont environ quatre ou cinq entreprises spécialisées dans le domaine. Un nombre qui n’est pas de trop quand on sait à quel point la demande est importante. Coup de projecteur sur ce milieu particulier

C’est au gré de travaux sur le Kremlin à Moscou, dans les années 70, puis à New-York et en Italie, où il a fondé son entreprise en 1987, que Roberto Ricchitelli a forgé son expérience. Il y a quatre ans, sa société monégasque, Sertec, a vu le jour. Depuis, il a ainsi pu travailler sur un nombre important de chantiers : des immeubles tels que Le Simona, Les Abeilles, Le Stella, Les Cigognes, le One Monte-Carlo… et d’autres en cours comme L’Exotique ou l’Hélios… C’est fort de toute cette pratique qu’il est aujourd’hui en mesure d’affirmer que les entreprises du bâtiment monégasques sont exigeantes et rigoureuses en matière de chantiers. Un propos que rejoint Alex Caracchini, gérant de la société L’Echafaudage Monégasque, installée en Principauté depuis février 2017 et qui est notamment intervenue sur de gros chantiers comme celui de l’Hôtel de Paris ou Les Jardins d’Apolline.

Un secteur fortement régulé

Pour autant, tous les deux attestent que la réglementation en vigueur reste similaire à la loi française. L’installation d’un échafaudage requiert une demande d’occupation de l’espace public ; ces démarches administratives sont amorcées par le client lui-même ou par l’entreprise sur demande. D’autre part, leurs entreprises restent soumises aux législations de tout chantier classique : c’est-à-dire, par exemple, qu’il faut transmettre des informations sur les ouvriers présents sur le chantier (nombre, identités…) afin qu’ils obtiennent leurs badges. Si à Monaco, les entreprises ne sont pas soumises à des normes NF relatives au matériel, elles peuvent en disposer, c’est le cas de L’Echafaudage Monégasque. Autre point évoqué par Roberto Ricchitelli : les nouvelles normes relatives aux nuisances sonores en Principauté. Ces dernières ont contraint les entreprises à utiliser des bâches acoustiques sur leurs récentes installations afin de réduire le bruit.

Des enjeux de sécurité

L’objet de la réglementation, c’est aussi bien sûr d’assurer la sécurité des ouvriers. En moyenne, ils sont trois pour un échafaudage classique mais les équipes varient de sept à douze ouvriers par jour pour des chantiers plus conséquents. Ils disposent d’une formation de montage d’échafaudages qu’ils doivent actualiser régulièrement. Chez L’Echafaudage Monégasque notamment, décision a été prise de faire aussi recevoir une formation pour le port de harnais. D’ailleurs, tous les équipements font l’objet d’une vérification minutieuse. De plus, les gérants confient tous les deux ne pas laisser monter leurs ouvriers sur les échafaudages en cas de conditions météorologiques peu favorables. « Je pense que c’est typique du Sud de la France mais ici, dès qu’il pleut, on est un peu embêté avec les échafaudages », déclare Alex Caracchini. A l’heure où les normes se multiplient, et avec l’évolution des techniques, les accidents ont-ils pour autant diminué ? A Monaco, les bureaux de contrôle connaissent bien les systèmes d’échafaudages et les surveillent avec un maximum d’attention.

Des techniques singulières

Les entreprises sont à même de réaliser différents systèmes d’échafaudages. Du plus classique, l’échafaudage de façade, au plus complexe (étaiement pour supporter des poids conséquents), en passant par les passerelles, les escaliers publics ou de chantier ou encore les ascenseurs de chantier (monte-charges). On distingue également les échafaudages fixes et roulants, sur des petites hauteurs (maximum 10m). Enfin, il apparaît évident que l’on n’ancre pas un échafaudage de la même manière dans toutes les façades. « On s’adapte à chaque bâtiment. Selon la composition des murs, en pierre ou en béton, les systèmes de fixation sont différents », explique Alex Caracchini. Il ajoute ensuite que son entreprise fait appel à des bureaux d’études qui donnent la marche à suivre ; une procédure qui n’est pas systématique mais cadrée et normalisée, et qui devient obligatoire lorsque les échafaudages dépassent une certaine hauteur (24m).

Monaco, une « bonne école »

« Je suis content d’être à Monaco parce que j’ai retrouvé la rigueur que l’on perd en France, sur les chantiers. Il est vrai que même sur les marchés publics où il s’agit de gros chantiers, nous n’avons pas des contraintes similaires », explique Alex Caracchini. Par contraintes, il entend le nombre d’intervenants sur un même chantier, et en même temps, « une sécurité maximale ». Les délais, de même, sont très serrés : « Bien plus à Monaco qu’ailleurs, nous avons des délais qui sont très durs à respecter. Ici, on construit et on rénove beaucoup plus vite. » L’étroitesse du territoire pose aussi problème, surtout en ce qui concerne l’approvisionnement de matériel selon les deux gérants. « Le problème qui est énorme, pour nous, c’est le stationnement des véhicules. On perd énormément de temps », développe Alex Caracchini. Pour autant, travailler en Principauté reste une « bonne école » selon le gérant de l’Echafaudage Monégasque. « Ici, chaque chantier est une découverte et j’ai réalisé des échafaudages que je n’aurais jamais montés en France », admet-il en se remémorant le jour où, sur le chantier de l’Hôtel de Paris, il a dû suspendre un échafaudage montant jusqu’à 38 mètres afin de laisser passer une canalisation.

Margaux Boscagli

© L’Echafaudage Monegasque

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