• Extension en mer

La drague aspiratrice en marche

16 janvier 2018 - 9h36

D’une longueur de 142,50 mètres et propriété du groupe Jan de Nul, la drague autoporteuse à élindes traînantes, plus connue sous l’appellation drague aspiratrice en marche (DAM) et baptisée Francis Beaufort, a pour mission de draguer les 600 000 mètres cubes de sédiments dits non pollués afin de préparer le remblai d’assise des caissons. Une opération qui a débuté le 12 octobre et qui prend fin ce mois-ci.

L’engin fonctionne un peu à la manière d’un gigantesque aspirateur domestique. Un réservoir, le navire en lui-même, un tuyau sous la forme d’un monumental bras articulé, au bout duquel oeuvre une tête aspiratrice. De la même manière qu’au sein du foyer, la machine parcourt la zone de travail par des mouvements continus. Mais ici, point de poussière à collecter, uniquement des sédiments et de l’eau. L’objectif consiste à « nettoyer » le fond marin afin de mettre à nu la roche, roche sur laquelle un remblai d’assise sera ensuite posé afin d’accueillir les 18 caissons de ceinture de la nouvelle extension du territoire monégasque sur la mer. Les sédiments ainsi retirés, considérés comme immergeables, sont ensuite acheminés vers le large, à environ quatre kilomètres de distance de la côte et rejetés en mer. Ou plus exactement déposés dans le fond marin. En effet, de même que lorsque l’on vide un aspirateur ménager sans sac, il convient non pas d’ouvrir le réservoir et de laisser tomber son contenu en hauteur au risque de voir la poussière demeurer en partie en suspension dans l’air et vicier cet air, mais d’approcher au plus près le réceptacle de l’endroit où l’on souhaite le vider. En l’espèce, l’élinde, c’est-à-dire le tuyau, et sa tête, plongent vers le fond marin et s’en approchent le plus possible, jusqu’à 75 mètres de profondeur, afin de limiter la turbidité générée par une telle opération. Le Francis Beaufort réalise ainsi une dizaine d’allers-retours quotidiens pendant plusieurs mois. Les « matheux » auront vite fait le calcul. Avec une capacité de charge de 10 000 mètres cubes pour 600 000 mètres cubes de sédiments à déplacer, le compte n’y est pas. Mais c’est sans compter sur une contrainte propre aux exigences du chantier monégasque. En effet, le principe de fonctionnement habituel de la DAM s’avère simple : l’eau de mer chargée à bord dans le même temps que les sédiments va par la suite être évacuée par surverse, le volume de sédiments gagnant en importance, celui-ci monte dans les cales du navire et l’eau déborde naturellement pour rejoindre la mer. Or, en principauté, l’accent ayant été mis sur le plus grand respect possible pour l’environnement et notamment la limitation des risques de turbidité, ce principe de surverse s’est avéré écarté. Dès lors, les cales contiennent 20% de sédiments seulement pour un volume de 80% d’eau. Ce qui justifie un accroissement du nombre des rotations.

Navire technologique…

Au cours des dernières semaines, tout observateur aura eu l’occasion de le voir. Le Francis Beaufort et ses quelque 18 620 tonnes de déplacement, oeuvrant à quelques mètres des piles du Fairmont Monte Carlo, impressionne. Mais contrairement aux apparences rustiques de cet engin vêtu d’une carapace d’acier et construit en 2003, en son ventre fourmillent de nombreux outils technologiques de dernière génération. Son positionnement dynamique rend le bâtiment capable de maintenir sa position sans être ancré dans le sol, uniquement par localisation satellitaire (GPS). Et de manœuvrer d’une manière ultra-précise. Un équipement technologique particulièrement complet qui rend cet outil irréfutablement efficace.

…et confortable

Si la plus large partie de l’engin est évidemment consacrée au volet travail, il convient de prendre en considération le fait que l’équipage, composé d’une trentaine de personnes, doit vivre à bord pendant plusieurs mois. Là encore, contrairement à ce que l’aspect extérieur peut laisser entrevoir, le confort de l’équipage n’a pas été négligé, offrant une cuisine aux standards professionnels, des chambres marines mais non spartiates, un bar ou encore une salle de musculation. Il est vrai que les conditions de travail à bord, certes moins exigeantes en principauté qu’en Mer du Nord, n’en demeurent pas moins très contraignantes. Car ici, non seulement il s’agit d’opérer en milieu marin, mais également de prendre en considération la mesure du Francis Beaufort. Près de 150 mètres de longueur pour 27,50 de large, une salle des machines abritant de nombreux moteurs pour la propulsion (2X5 750kW), le pompage (plus de 10 000kW au total), des pièces mécaniques de tous ordres dont l’échelle paraît démesurée : des écrous parfois de la taille d’un homme, des câbles de tractage gros comme une cuisse humaine, une élingue (notre fameux tuyau d’aspirateur), plus large et longue qu’un toboggan de parc d’attraction, une tête d’aspiration dans laquelle pourrait être logée une automobile… Les efforts peuvent s’avérer insoupçonnés, l’inconfort important, même les risques en cas de manquement aux consignes de sécurité peuvent devenir rédhibitoires. Les protocoles de sécurité se veulent donc omniprésents, chaque manutention étant précisément encadrée par des procédures maintes fois répétées.

Une opération rondement menée

La DAM quitte les eaux monégasques en ce mois de janvier après avoir accompli sa mission. Un long et minutieux travail de dragage qui aura subi quelques aménagements en termes de méthodologie, notamment dans l’objectif d’un respect de l’environnement toujours croissant, mais aussi, ainsi que cela avait été imaginé en raison des menues fenêtres météorologiques défavorables, principalement au mois de décembre avec pluies intenses et vents parfois violents. Le départ de la DAM marque ainsi l’achèvement des plus grosses opérations de dragage.

Georges-Olivier Kalifa

Photos © GOK

 

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