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Julien Lamour : « Je vis quelque chose d’inimaginable »

15 mars 2019 - 14h44

Le résident monégasque prépare le Marathon des Sables (5-15 avril), où il représentera la Fondation Flavien. Il est actuellement à Iten (Kenya), berceau de la course à pied et terre de champions.

 C’est par l’application WhatsApp que Julien Lamour a répondu à nos questions. Le réseau Internet est très rare à Iten, au Kenya, où le résident monégasque a choisi de se rendre pour terminer sa préparation de huit mois, avant de prendre le départ de la 34e édition du Marathon des Sables (Maroc). Longue d’environ 250km, cette course à pied par étapes se fait en autosuffisance alimentaire, sous la chaleur extrême du désert. A chaque arrivée, Julien Lamour a prévu de brandir le drapeau orange de la Fondation Flavien. Pour cela, il s’astreint à des séances qui surprennent parfois à Iten, où il vit un rêve éveillé malgré l’exigence de sa préparation.

 Vous êtes actuellement en plein stage à Iten. Pourquoi avoir choisi de vous rendre dans cette ville kenyane ?

M’entraîner au Kenya, sur cette terre riche d’histoire et de champions, a toujours fait partie de mes ambitions. Iten était même un rêve. Cette ville, perchée sur un plateau à 2 500m d’altitude, est considérée comme le berceau de la course à pied. J’ai profité de ma préparation pour m’y rendre, je voulais me mettre dans la difficulté, car tout est dur ici. Pour faire une bonne préparation, il fallait que je sois dans la privation. Ce stage de 15 jours me permet de me mettre pratiquement dans les conditions de course, c’est-à-dire le sacrifice et le minimum vital. Cela fait du bien de retrouver simplicité et partage. Je vis quelque chose d’inimaginable, je pourrais en parler pendant des heures.

Comment vous sentez-vous depuis votre arrivée sur place ?

Les trois premiers jours ont été difficiles, j’ai dû me lancer directement dans les séances et les sorties car c’est peu, deux semaines. Ici, les athlètes restent minimum deux mois pour bien se préparer. Dès mes premières foulées, j’ai ressenti des sensations atroces, comme si on me retirait souffle et force, mais j’ai été obligé de serrer les dents pour garder le rythme. Je suis installé dans un camp avec une multitude d’athlètes de tous niveaux. Il n’y a rien. On lave notre linge à la main, on mange le strict minimum, il n’y a ni télévision, ni Internet. Seulement du calme, du travail et du partage. Le soir, dans la salle de sport, on se réunit, on travaille le gainage, on s’étire ensemble et c’est en sortant de ces séances que j’apprends que j’étais avec Joyceline Jepkosgei, recordwoman du semi-marathon, ou encore Victor Kimutai, lièvre de Eliut Kipchoge. J’apprends chaque jour leur façon de travailler, de se préparer. Je rentre dans ma chambre et je prends des notes.

 

© DR

 

Il vous reste encore cinq jours de stage. Quel est le programme avant le retour en Principauté ?

Je commence à retrouver de bonnes sensations et à ne plus avoir le mal de l’altitude. Depuis mon arrivée, je cours entre 25 et 30km chaque jour. Avant mon départ, avec Jean-Baptiste Wiroth, on a établi un plan d’entraînement sur deux semaines, la dernière ligne droite après huit mois de préparation. Je fais une à deux séances de course à pied par jour, dont une à jeun au lever du soleil où, pour l’anecdote, tu peux être accompagné pendant plusieurs minutes par des enfants d’une dizaine d’années, en chaussures de ville et avec leur cartable, se rendant à l’école… Ensuite, j’enchaîne des séances de fartleck sur les pistes (jeux de courses de durées et d’intensité variées, N.D.L.R.), ou une sortie longue de trois à quatre heures avec un sac chargé à six kilos, qui ne passe pas inaperçu à Iten. Ils m’appellent même le « coureur blanc militaire », car mon sac leur fait penser à un sac de militaire. Ils n’ont jamais vu ça. Ma préparation est totalement différente de ce que l’on peut trouver ici. Ils ne connaissent pas le trail et les courses de longue distance. Pour eux, c’est impensable. De même, leur foulée et la rapidité avec laquelle ils s’entraînent ne se retrouvent nulle part ailleurs. Je vais profiter de ma présence à Iten pour travailler ma foulée, en intégrant également un groupe d’athlètes le matin pour travailler en pliométrie.

Il restera alors 16 jours avant le Marathon des Sables. Comment allez-vous occuper ces deux semaines ?  

Je vais déjà retrouver mon confort familial et reprendre le travail, commencer ma phase de récupération tout en préparant mon sac et mes repas lyophilisés pour la course. Essayer de me reposer un maximum car là-bas, dans le désert, les nuits se feront à même le sol. Faire et refaire le sac, aussi, afin de gagner le moindre gramme. Chaque détail a son importance.

Vous prendrez, pour la seconde fois, le départ de cette compétition au Maroc où vous représenterez la Fondation Flavien. A quoi vous attendez-vous ?

C’est grâce à Albanu Monaco qui tenait absolument à soutenir la Fondation Flavien par le biais d’un projet sportif, afin de récolter des fonds par la vente de bracelets. Je suis donc porteur de ce projet avec honneur, où j’ai promis à la Fondation de franchir chaque ligne d’arrivée en brandissant le drapeau orange avec fierté. C’est une course folle, considérée comme l’une des plus dures au monde, où l’on ne peut rien prévoir, ni classement, ni temps. Seule la ligne d’arrivée compte… et cela est déjà un exploit. Toutes les difficultés sont réunies et la tactique de course va entrer en compte pour pouvoir terminer chaque étape.

Propos recueillis par Jérémie Bernigole

Photo © DR

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