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Jean Castellini : Des messages clairs

21 septembre 2018 - 10h00

Jean Castellini était le 14 septembre dernier l’invité du Monaco Press Club au Métropole Monte-Carlo. Le conseiller de gouvernement-ministre de l’Economie et des Finances s’est réjoui de la bonne santé de l’économie monégasque, n’a pas caché que certains chantiers posaient problème et a souligné les efforts accomplis en matière de logement domanial.

La saison estivale ? Elle a été bonne, selon Jean Castellini, avec un taux d’occupation stable autour de 80%. Le prix moyen par chambre est passé de 377 à 400€ sur un an pour la période juin-août, en progression de 7,3%, le REVPAR, le revenu moyen par chambre disponible est en hausse de 6%. En août, le revenu moyen était de 465 euros et le REVPAR de 384 euros. Les Rendez-Vous de Septembre (assurance et réassurance) avec près de 3 000 participants ont presque saturé la capacité hôtelière de la Principauté. Déjà en juin, les nuitées du tourisme d’affaire avaient fortement progressé. Si le tourisme est né en hiver, il y a 150 ans, rappelle le conseiller-ministre, aujourd’hui la winter experience fonctionne bien, la clientèle affaires est présente. Avec 700 évènements par an et des congrès de très haut niveau, l’activité touristique est ainsi « lissée » sur l’année, ce qui était l’objectif.

Le Larvotto

Evoquant le Larvotto, il admet que les activités ont pu être pénalisées par les travaux de l’extension en mer, même si tous les acteurs ont fait en sorte d’en réduire l’impact. N’oublions pas que la météo s’est mise de la partie avec un début de saison tardif et quelques week-ends perturbés, insiste-t-il.

La saison 2019 sera beaucoup moins impactée par lesdits travaux. L’avenir ? Un Larvotto « tout beau, tout neuf » qui s’intégrera bien avec l’extension en reprenant le projet de Renzo Piano car l’esplanade a vieilli comme les parkings et il faut une cohérence architecturale. Le projet va être présenté aux élus d’ici la fin de l’année mais ce ne sera pas « bling-bling ». Le coût du projet n’est pas arrêté. A l’origine, il était chiffré à 50 millions, il s’agissait du projet des services de l’Etat, le coût intégrant le projet Piano devrait rester dans une enveloppe similaire. Ce sera une évolution, pas une révolution, il ne faut pas « casser l’esprit » Si le groupement s’est engagé à prendre à sa charge les études et la conception, les coûts additionnels devraient être supportés par l’Etat qui assurera la supervision et lancera un appel d’offres, indique Jean Castellini. Les travaux pourraient démarrer fin 2019/début 2020.

L’idée est de s’inspirer de l’exemple de l’Hôtel de Paris qui finalement a continué de vivre pendant les travaux avec des fermetures et des réouvertures décalées de ses lieux emblématiques, déclare Jean Castellini. « L’humain et le social sont au moins aussi importants que l’économique et le financier, explique le conseiller en charge de l’Economie et des Finances, mais pour qu’ils aient leur place, il faut que les finances soient bonnes ».

CHPG et îlot Pasteur

A partir de l’extension en mer, dont les travaux se déroulent selon le calendrier prévu et du Larvotto où ils pourraient démarrer en fin d’année prochaine, il n’y avait qu’un pas à franchir pour en évoquer d’autres plus problématiques sur le devant de l’actualité. Concernant le CHPG, Jean Castellini estime que « ce qui se passe ne remet pas en cause fondamentalement le coût final ». « Il y aura des conséquences financières certes, mais elles peuvent être mitigées ou partagées ». En revanche, le conseiller-ministre ne cache pas qu’au bout de 15 ans, et en tenant compte de l’actualisation, le coût pourrait passer « mécaniquement » de 750 millions à 1 milliard d’euros, ce qui, insiste-t-il, est normal avec l’actualisation sur une telle période. D’autant que les difficultés du chantier ne peuvent qu’avoir un impact sur les délais. Il y aura des années où les dépenses seront très importantes, mais ce ne sont pas les premières, elles se chiffreront en centaines de millions, précise-t-il. Jean Castellini se félicite en tout cas que son prédécesseur ait décidé de prévoir une provision annuelle dans le budget de l’Etat, même si la Commission supérieure des comptes avait à l’époque émis quelques réserves de principe.

« C’est un chantier très compliqué, peut-être avons-nous été trop optimiste sur certaines estimations. Les contrats prévoient des pénalités en cas de dépassement de délais, les coûts seront partagés et ne seront pas entièrement à la charge de la puissance publique », poursuit-il. « Les dérapages concernent plutôt les délais, on va rattraper une partie du retard mais pas la totalité. Mais ne nous autoflagellons pas, insiste Jean Castellini, on a souvent observé dans d’autres grands pays des dérives importantes pour des projets ambitieux. Même si ça ne doit pas servir d’excuse, il faut remettre les choses en perspective ».

Mais le chantier du nouveau CHPG n’est pas le seul à susciter des interrogations. Aujourd’hui, celui de l’îlot Pasteur est à l’arrêt, confirme le conseiller-ministre. Un premier appel d’offres avait mal estimé certains coûts, explique-t-il. « On s’est dit : doit-on continuer ? » Finalement, on a préféré arrêter et un autre appel d’offres va être lancé, sachant qu’on ne choisira pas obligatoirement l’offre moins chère. Problème aussi au parking du port Hercule à la darse Nord. La dalle est achevée mais la mer est là et ce qui se passe en dessous est compliqué, confirme Jean Castellini, rappelant les difficultés rencontrées au début des travaux du Yacht Club. Même si les techniques sont maîtrisées, il y a toujours des imprévus…

Quelles conclusions tirer ? Il nous faut un suivi des chantiers plus efficace et bien déterminer ce qui est la responsabilité des uns et des autres, ce qui est du ressort de l’Etat, des architectes, des constructeurs, des bureaux de contrôle. Il faut s’assurer que les constructeurs aient les ressources en interne pour des chantiers aussi ambitieux, s’intéresser à la sous-traitance, affirme-t-il. Le nouveau directeur des Travaux publics va remettre à plat les procédures. « Je veux qu’on paie au juste prix pour la qualité qu’on est en droit d’attendre à Monaco », souligne Jean Castellini, évoquant le dossier Hélios qui défraie la chronique après celui des Jardins d’Apolline. Deux dossiers différents ne serait-ce que par la taille (237 logements à Apolline, 68 à Hélios), mais aussi par les problèmes rencontrés. A Apolline dont les expertises sont en cours, le souci majeur semblait venir des canalisations encastrées avec des chapes qui s’imbibaient d’eau, tandis que les cloisons en fibre de bois développaient des moisissures, mais aussi des baignoires ou bacs à douche dont la pose ne garantissait pas l’étanchéité, indique le conseiller-ministre.

Hélios, après Apolline

« A Hélios, il y a aussi des soucis, au moins avec une partie des bacs à douche ou baignoires, mais aussi un problème d’étanchéité des ouvrants. On a donc décidé de faire une réhabilitation et de reloger temporairement les occupants dans les mêmes conditions qu’à Apolline mais moins longtemps, cinq à six mois, explique-t-il. Autre différence : le constructeur a admis plus rapidement ses torts. On a mis au point avec lui un protocole pour cette réhabilitation ». La rénovation lui incombera mais nous pourrions, par exemple, remplacer la fibre de bois par de la laine de verre aux frais de l’Etat, indique Jean Castellini. En réalité, tout le monde peut connaître une fuite d’eau pour des raisons diverses, poursuit-il, or cette fibre de bois non traitée (désormais elle peut parfois l’être) développe des moisissures au contact de l’eau. Coût de tout ceci ? A Apolline, environ 50 millions de travaux auxquels s’ajoutent les immatériels, environ dix millions par an, ce qui signifie que plus les délais sont courts, plus le coût diminue. (A noter qu’à Apolline, les travaux auraient pris une certaine avance sur les délais prévus).

Bien évidemment, ces dépenses auront un impact sur le rectificatif 2018 (cinq à dix millions) mais aussi sur le budget primitif 2019. In fine, Jean Castellini l’admet, une partie des coûts restera selon toute probabilité à la charge de l’Etat, au terme des procédures judiciaires, en particulier les aspects immatériels. Des surcoûts que le conseiller-ministre en charge du budget « ne veut plus jamais avoir à prendre en charge ».

Aujourd’hui, son leitmotiv, ce sont les investissements pour l’avenir : « Doter la Principauté de ce que les gens sont en droit d’attendre ». Le nouveau centre commercial est évidemment au cœur des réflexions. L’Etat financera les travaux et il en espère des recettes additionnelles importantes. Le cahier des charges prévoit des enseignes nouvelles et une offre adaptée pour des gens qui vivent et travaillent à Monaco. Interrogé sur les logements domaniaux qui pourraient être construits dans le cadre de cette rénovation, Jean Castellini répond : « C’est une possibilité qui a été évoquée mais il y a des contraintes techniques, je pense notamment au télécabine qui doit permettre d’amener à Fontvieille ou sur le Rocher les personnes qui utiliseront les 1 800 places de parking à l’entrée Ouest, au Jardin exotique ». Cette hypothèse n’était pas dans le cahier des charges.

Domaniaux : 315 millions d’acquisition

Ces logements sont l’une des constructions réclamées par la nouvelle majorité du Conseil national. Plus généralement, la majorité a fait savoir que si ses demandes ne sont pas satisfaites, elle ne voterait pas le budget 2019. « Nous avons entendu le message et il ne nous surprend pas » déclare le conseiller-ministre, lequel précise : « On semble vouloir opposer excédent budgétaire et politique de logement. C’est parce qu’on a des excédents et des finances publiques saines que l’on peut envisager des constructions ». Et de rappeler : « Entre 2009 et 2012, nous avons eu 200 millions de déficit, depuis six ans, nous avons enregistré 140 millions d’excédents cumulés. L’Engelin, c’est un investissement de 120 millions ». Des chiffres que Jean Castellini met en parallèle, expliquant aussi qu’en outre, de 2013 à 2018, 17 immeubles auxquels s’ajoutent 72 appartements ont été acquis, soit pour loger des compatriotes, soit pour procéder à de futurs remembrements. Le tout pour un montant de 315 millions.

Quant à un budget qui ne serait pas voté, le conseiller-ministre en explique les effets théoriques. Les dépenses seraient reconduites mois par mois sur la base de l’année précédente, sans pouvoir engager de dépenses nouvelles. Le pays ne s’arrêterait pas. Mais Jean Castellini ajoute que le gouvernement comme le Conseil national travaillent pour le bien des Monégasques et du pays et que tout sera fait pour parvenir à un accord.

La transition numérique

Parmi les priorités des uns et des autres, la Smart City. Jean Castellini estime que la Principauté a pris du retard et qu’il va falloir engager des dizaines de millions, il se réjouit aussi du retour au pays de personnalités comme Frédéric Genta pour assurer la transition numérique, ou Fabrice Marquet pour animer MonacoTech, structure à laquelle il prédit un avenir prometteur. Dans l’immédiat, le délégué à la Transition numérique pourrait d’ailleurs être hébergé dans les locaux qu’occupait la DTC, boulevard des Moulins. Des travaux à cet endroit pour agrandir cet immeuble ne paraissent pas envisageables rapidement, aussitôt après ceux qu’aura connus la place du Casino. Une position du gouvernement qui devrait être bien comprise.

En cette rentrée, le conseiller de gouvernement-ministre de l’Economie et des Finances a abordé de nombreux problèmes d’actualité en attendant que les séances publiques du Conseil national soient l’occasion d’y revenir dans le cadre des discussions sur le budget rectificatif en octobre, puis sur le primitif en fin d’année.

 

Noël Mettey

Photo ©Manuel Vitali - Direction de la Communication

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