• Extension en mer

Jardan, le rempart

16 avril 2018 - 16h04

Inaugurée en son époque sur l’extension de Fontvieille, la technique dite des chambres Jarlan demeure la plus efficace à la fois pour « casser » la houle et réduire les nuisances sonores dans le cadre d’une construction à façade verticale avec la mer. Près d’un demi siècle après Fontvieille, la technique sera donc répétée au droit de l’anse du Portier où six hectares vont être gagnés sur la Méditerranée.

Un constat. Sur plus de 500 mètres de longueur, les 18 caissons béton qui composeront, à terme, le support de la dalle du futur quartier gagné sur la mer et le pourtour de cette extension, offrent des parois verticales face à l’élément liquide. La houle qui, jour après jour et, surtout en période de conditions météorologiques violentes, viendra « s’écraser » contre ces murs de béton, pourrait avoir des conséquences multiples et particulièrement contraignantes, ainsi que le détaille Jacques Resplendino, de la direction technique de l’infrastructure maritime de Bouygues TP Monaco. Tout d’abord en termes de solidité et de longévité de l’ouvrage lui-même, soumis en permanence à de tels assauts. Puis en termes de nuisances sonores, le bruit découlant de ces heurts pourrait atteindre des niveaux assez élevés. Ou encore de manoeuvrabilité, notamment aussi proche de l’entrée d’un port comme Hercule et ses plusieurs centaines d’arrivées/départs annuels de grands navires de croisière : si elle n’était pas brisée, l’onde des vagues frappant la structure verticale se répercuterait sur le plan d’eau, générant de nouveaux aléas pour ces navires. Enfin, la faune et la flore ne pourraient, bien évidemment, pas se développer de manière satisfaisante sur des caissons fermés.

Double effet dissipatif

C’est là qu’intervient donc la méthode de la chambre Jarlan. Le principe s’avère simple, la technique complexe et l’efficacité redoutable. Il s’agit, en effet, de réserver des vides à l’intérieur- même du caisson en béton, ces caissons aux dimensions gigantesques actuellement en cours de construction au Grand Port Maritime de Marseille et atteignant pour certains près d’une trentaine de mètres de hauteur, soit un immeuble d’une dizaine d’étages. En s’engouffrant dans ces multiples cavités, l’eau va alors venir se briser en leur sein, dissipant une partie importante de l’énergie apportée par la houle. L’effet dissipatif est dès lors doublé grâce à l’ingéniosité du procédé et la précision de sa mise en oeuvre. En effet, le résultat se veut d’autant plus efficace que la vague qui entre dans ce vide va venir « s’écraser » dans le fond de la cavité, se pulvériser en milliers de petites gouttelettes qui, se mélangeant alors à l’air vont générer une forme d’émulsion qui va à son tour agir comme un coussin amortisseur pour la vague suivante. Par ailleurs, les chambres Jarlan vont absorber une importante partie des bruits générés par les chocs violents des vagues. Et puisque des creux, c’est-à-dire des cavités, sont ainsi créés, pourquoi ne pas en profiter pour y aménager, en partie basse, des habitats spécifiques pour favoriser l’implantation de la faune et de la flore ? C’est l’idée retenue dans le cadre du nouveau projet d’extension en mer. Les chambres Jarlan, de dimensions moyennes de six mètres par six mètres, couvrent les profondeurs allant de -4 à +4 mètres par rapport au niveau de la mer. Sur la zone située entre -4 et la surface, des modules seront ainsi stratégiquement disposés pour y accueillir faune et flore.

Construction minutieuse

Pour faire simple, la technique ne consiste pas à réserver des vides lors du coulage du béton mais à opérer par phases successives. Le radier (socle), puis les premiers mètres de voile béton sont élevés par le procédé du coffrage glissant (voir numéros précédents). Le caisson est ensuite « équipé » de poteaux d’un mètre de section, permettant ainsi de mettre en forme les chambres Jarlan. La formulation du béton demeure identique pour ces deux phases, ce qui assure notamment l’homogénéité de l’ouvrage. En revanche, une petite différence subsiste. Pour des raisons esthétiques, si les parties immergées ne sont pas visibles, celles émergées doivent arborer une teinte particulièrement travaillée pour être des plus agréables à l’oeil. De nombreuses études ont été réalisées qui ont conduit, dès 2015, à la validation d’une teinte spécifique, afin, comme l’explique Jacques Resplendino, de répondre « aux importants enjeux esthétiques d’un tel projet ».

Georges-Olivier Kalifa

Photo © DR

 

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