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Hassan de Monaco : « La Principauté aide les gens qui veulent réussir »

28 août 2019 - 9h35

À trois jours de sa troisième représentation à Monaco, qui aura lieu cette fois-ci dans le cadre singulier du Jardin Exotique, le 31 août prochain, l’humoriste, qui a fait de son enfance en Principauté le sujet phare de son spectacle, s’est confié sur sa carrière en pleine expansion…

Vous aviez seulement trois mois lors de votre arrivée en Principauté… Quel souvenir gardez-vous de cette enfance à Monaco, sujet au cœur de votre spectacle ?

Je n’ai pas d’élément de comparaison parce que j’ai toujours vécu ici mais j’ai largement conscience de la chance qu’on a : faire de l’aviron et de la voile en sport, des classes vertes où l’on part jusqu’à Biarritz pour faire de l’astronomie, des échanges scolaires en Angleterre… Je pense que l’on est assez privilégiés, c’est quelque chose dont j’ai pris conscience très jeune du fait de mes origines marocaines et de par le fait que j’ai de la famille en France donc je vois la différence.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à l’humour, au monde de la scène ?

J’ai toujours voulu faire de l’humour mais mes parents tenaient vraiment à ce que je fasse des études avant. Pour ce qui est de la scène, tout a commencé grâce à ma rencontre avec Peggy Semeria, ma metteure en scène. Après mon diplôme d’infirmier, je suis allé au Studio à Monaco pour faire du théâtre en amateur. C’est là-bas que Peggy m’a dit « toi t’as un truc, je pense que tu pourrais monter seul sur scène ». Elle m’a donné confiance en moi. On pense toujours que ça n’appartient qu’à certains « élus », que nous on fait juste rire nos potes…

À présent, vous avez de nombreuses dates dans toute la France voire même l’Europe… À quel moment votre carrière a-t-elle décollé selon vous ?

Je retiens trois évènements phares. Le premier, c’est ma rencontre avec Peggy Semeria.  Ensuite, il y a eu mon premier casting à Nice, en 2014. J’avais trouvé l’évènement sur Facebook et j’y suis vraiment allé en touriste (Il rit). Pour l’anecdote, je pensais qu’il n’y aurait personne et je suis arrivé dans un théâtre avec 12 candidats, un jury de cinq personnes et une salle de 50 personnes environ. J’ai voulu repartir directement mais un monsieur, Henri Concas, m’a retenu et m’a encouragé à passer le casting. Je l’ai fait, j’ai été sélectionné puis j’ai gagné le premier prix – qui était de jouer son spectacle l’année d’après. Le troisième « bond » dans ma carrière, c’est les Best de l’Humour, un concours européen auquel j’ai participé en 2018. J’ai terminé parmi les six gagnants sélectionnés pour partir en tournée. Aujourd’hui, nous sommes restés très amis tous les six et nous évoluons ensemble à différents niveaux, nous sommes un peu la « nouvelle génération de l’humour ».

Derrière l’humoriste, il y a l’infirmier anesthésiste… Comment conjuguez-vous cette profession avec votre carrière sur la scène ?

J’ai été reconnu « artiste occasionnel » à Monaco, un statut différent de celui d’artiste qui oblige à ne vivre que de son art. Il s’agit d’un statut intermédiaire qui me permet d’être artiste tout en gardant mon travail à mi-temps à l’hôpital. Je suis aussi chroniqueur radio chez France Bleu Azur tous les mardis matins. Pour le moment, ça va ensemble. Quand je suis sur scène, je suis content de me dire que je n’ai pas besoin de ça pour gagner ma vie et ça change beaucoup de choses, de ne pas faire ça pour l’argent ! C’est aussi complémentaire pour moi. Par exemple, même si je suis stressé avant de monter sur scène, pour moi, le vrai stress c’est avant l’anesthésie d’un patient à l’hôpital. Mon métier m’a appris à gérer cela. Sur scène, le stress redescend rapidement en revanche. Le secret, je pense, c’est que le premier rire doit arriver très vite, et là tu te dis « c’est parti, on va rire ensemble ! ».

Vous allez vous produire pour la troisième fois à Monaco, le 31 août prochain, dans un cadre assez inhabituel, le Jardin Exotique…

Oui, le 31 est une date très particulière puisque ce sera un spectacle en plein air ! Le cadre est magnifique et c’est une amie qui me l’a proposé – la directrice du Jardin Exotique avec qui j’étais en fac de biologie – donc il y a un côté un peu sentimental aussi. Le plein air, c’est spécial parce que l’on peut être parasité par pleins de choses, il faut garder les gens concentrés, il n’y a pas le même confort que dans une salle fermée… Les places sont toutes parties en dix jours ! Il y a aussi une autre date très prestigieuse bientôt, le 19 mars, je vais participer aux Sérénissimes de l’humour au Grimaldi Forum. C’est une grande reconnaissance pour moi, de jouer sous l’égide du Prince, et je suis très heureux que mon premier gros festival se passe à Monaco, avant même Montreux et d’autres… À cette date là, il n’y aura que des surprises ! Je vais mettre les petits plats dans les grands (rires), on va montrer qu’on est de Monaco !

D’autres projets futurs ?

Oui, pleins ! J’ai un nouveau spectacle en écriture, j’ai une tournée européenne qui m’attend, je vais jouer à Paris, en Belgique, en Suisse et même au Liban ! Après, j’ai beaucoup d’idées que j’aimerais développer à Monaco : des rendez-vous sur le thème de l’humour, maintenant que je commence à avoir un carnet d’adresses. Je sais que Monaco attire beaucoup, ça fait fantasmer les gens et je pense qu’il y a une vraie demande d’humour en Principauté. On fait des rendez-vous musicaux très beaux mais il n’y a pas grand chose en humour… C’est aussi ma façon de remercier la Principauté, je veux montrer la chance qu’on a ici. Monaco aide les gens qui veulent réussir et il y a une génération assez incroyable depuis quelque temps (il cite l’artiste Anthony Alberti, le pilote Charles Leclerc…) parce qu’ici, les talents sont aidés et supportés.

Propos recueillis par Margaux Boscagli et Lucas Leray

© Hassan Moukfi

 

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