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Gilles Bonan : « Roche Bobois est prolifique ! »

10 février 2019 - 9h37

Président du directoire du groupe Roche Bobois, entreprise française d’ameublement haut de gamme, Gilles Bonan est régulièrement de passage à Monaco, où la marque a depuis bientôt deux ans ouvert un showroom au sein de la galerie l’Espace 22, boulevard d’Italie. Par monts et par vaux, il revient, avec le naturel qui le caractérise, sur son ascension professionnelle et se confie, le temps d’une parenthèse monégasque, sur ses hobbies auxquels il peut s’adonner lorsque le devoir ne l’appelle pas.

 

Tout fraîchement débarqué de Düsseldorf, Gilles Bonan s’accorde une halte dans les salons calfeutrés de l’iconique hôtel Métropole où nous le retrouvons. Un moment hors du temps pour le président du directoire de Roche Bobois dont l’agenda ne se désemplit jamais : inauguration du showroom antibois le soir même, retour sur Paris le lendemain, déplacements prévus en Suisse la semaine suivante… Tout sourire malgré la fatigue perceptible, Gilles Bonan se présente aux antipodes des clichés que l’on se fait des grands patrons. A la tête d’une entreprise familiale telle que Roche Bobois, cela semblerait presque couler de source. « Il faut une certaine dose d’humanité. C’est un métier de commerçants avec des points de vente, donc nous dépendons des gens sur le terrain. On ne peut pas rester dans sa tour d’ivoire à piloter à distance ! Je ne pense pas que dans l’absolu cela soit efficace et encore moins dans la culture d’entreprise de Roche Bobois, où les fondateurs étaient tous les samedis avec leurs équipes », commente humblement Gilles Bonan. Il poursuit : « A titre personnel, je ne suis pas dans le protocole, la porte de mon bureau est toujours ouverte. Je préfère travailler dans un climat chaleureux, il n’y a pas de raison de créer artificiellement de la distance. »

 

Une rencontre, une opportunité

Né à Paris, Gilles Bonan dit avoir rêvé de devenir journaliste de sport dans son enfance. Le jeune homme s’oriente finalement vers HEC dont il sort diplômé en 1992 avant d’obtenir une maîtrise de droit des affaires de l’Université Paris Nanterre. Il débute alors sa carrière chez Mazars, une société d’audit puis devient analyste financier chez General Motors. « Rapidement j’ai voulu sortir du “ghetto de la finance”, qui n’était absolument pas une fin en soi pour moi, même si c’est formateur et cela m’aide tous les jours. Je ne voulais pas me confiner à cette discipline et je souhaitais m’ouvrir au business », confie-t-il. Le goût de l’international l’anime et sa rencontre avec François Roche, son futur mentor, l’incite à sauter le pas : « Il m’avait fait part de son intention de se retirer en assurant la pérennité du groupe familial. J’ai été recruté en 1999 en tant que directeur financier. Je me souviens qu’il m’a dit dans un avion de retour des Etats-Unis que je pourrais m’occuper de l’international, car je parlais notamment quatre langues, mais sous-entendu en plus de ce que je faisais déjà ! » Il accepte le challenge. « C’était singulier, on me proposait une boîte 100% familiale au sein de laquelle historiquement les dirigeants venaient des familles, alors que je sortais de chez General Motors, un des plus grands groupes mondiaux ! »

 

Roche Bobois, une référence française

Avec 255 magasins dans le monde dont 80 sur le territoire français et une cinquantaine de designers collaborateurs dont « une quinzaine de manière soutenue », la marque tricolore est un véritable emblème. « Nous sommes prolifiques ! », s’exclame Gilles Bonan. Et pour cause, Roche Bobois joue la carte de la modernité et de la créativité en se renouvelant tous les semestres. Avec 2 000 références en ligne, chacune personnalisable, le champ des possibilités se veut presqu’infini. Récemment, les collections « Globe-Trotter » de Marcel Wanders ou « Native » du talentueux designer franco-israélien Raphaël Navot ont été dévoilées. « Collaborer avec des noms issus de la mode tels que Missoni ou encore Christian Lacroix, augmente la désirabilité de Roche Bobois. Nous avons attiré une clientèle plus jeune, qui avait une idée fausse de la marque, la considérant comme trop bourgeoise », se félicite le président du directoire. Une clientèle rajeunie qui se fait plaisir grâce à des produits accessibles dont des accessoires. « Nous avons développé des coussins avec Kenzo Takada ou Jean-Paul Gauthier à partir de 100 euros », explique-t-il. Un succès qui ne fait pas encore de l’ombre au produit iconique de la marque : le fameux canapé Mah Jong sorti en 1971, revisité par plusieurs designers. « Il reste notre meilleure vente mondiale, il a traversé les décennies », admet Gilles Bonan avant d’ajouter : « Il y a un canapé plus récent, le Bubble, dessiné il y a trois ans par Sacha Lakic qui devient aussi iconique. Nous avons d’autres produits emblématiques avec la bibliothèque Légende dessinée par Christophe Delcourt », explique-t-il. Mais Roche Bobois fait également du sur-mesure, comme dernièrement auprès d’un hôtel parisien de renom : « Nous avons lancé le Gourmet Bar pour Fauchon qui consiste à revisiter le mini-bar qui n’est pas forcément très esthétique. Il s’agissait de faire de cette pièce majeure dans une suite d’hôtel un objet spécifiquement personnalisé pour notre client. »

 

Course permanente

Interrogé sur sa carrière, Gilles Bonan ne changerait rien et se montre reconnaissant : « On m’a donné ma chance, on m’a fait confiance. J’avais une sensibilité pour la décoration mais je n’y connaissais pas grand-chose. Ma mère était professeur de piano et mon père travaillait dans une banque. Rien ne me prédestinait à travailler dans ce secteur. » Passionné de musique, il s’adonne à la guitare classique à ses heures perdues : « Je m’y suis remis sérieusement depuis deux ans en prenant un professeur, c’est un vrai bonheur ! » Parmi ses autres exutoires, les nombreuses expositions culturelles qui animent la ville lumière, mais aussi le sport. Il avoue sans vergogne être un fervent supporter du PSG : « J’aime beaucoup le football, c’est mon hobby, avec le tennis et le rugby. » Et pour déconnecter de l’effervescence parisienne, c’est Honfleur, en Normandie, qu’il a choisie pour se ressourcer. Une ville paisible de 7 500 habitants qui fait face à l’estuaire de la Seine, notamment connue pour avoir séduit nombre de peintres impressionnistes par son charme pittoresque. Difficile de rivaliser, même si Gilles Bonan admet aussi que cette parenthèse monégasque est également idéale pour faire le plein d’énergie. Quelques heures hors du temps avant de reprendre le rythme effréné des déplacements.

 

Délia KRIEL

®DR

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