• Immobilier

Ecrin de Malachite : un complexe de quatre gemmes

29 septembre 2018 - 16h32

Mené par le cabinet d’architecture de Christian Curau pour le compte d’Olga et Vladimir Melnichenko, le projet de l’Ecrin de Malachite consiste à détruire quatre villas afin de réaliser sur leur emprise initiale un complexe immobilier à usage privé. Si cette opération de grande envergure doit démarrer avant la fin de l’année pour une livraison prévue en 2023, elle comporte une spécificité, puisque les parcelles concernées se trouvent à la fois sur le quartier ordonnancé des Moneghetti et dans le secteur réservé du vallon Ste-Dévote.

Du nom de la pierre originaire, entre autres, de Sibérie, ce projet immobilier a suscité quelques surprises lors de sa présentation en Conseil communal en juin 2017. En cause, la démolition de quatre villas ; villa Les Myrtes au 2, rue Auréglia, villa Ciel Bleu au 2, escalier Ste-Dévote, villa Saphir-Cottage au 24, boulevard Rainier III et villa Maria au 26, boulevard Rainier III ; de style Belle Epoque au profit de quatre bâtiments respectivement Rosier Sauvage, villa Rubis, villa Saphir et villa Diamant, en lieu et place des premières citées. L’architecte du projet, Christian Curau, revient sur cet épisode : « On a reproché la démolition de ces quatre villas considérées comme patrimoniales. Alors certes, elles sont placées dans un lieu très particulier, le vallon Sainte-Dévote, à l’architecture protégée mais j’y ai déjà été confronté lors de la réalisation de la villa Les Bruyères, située de l’autre côté du vallon, mais également de la villa L’Echauguette. Par conséquent, je suis très au courant de toutes les contraintes architecturales existantes ».

 

©Christian Curau Architecte


Trois villas et un immeuble

Ces quatre futures résidences seront connectées par une verrière avec ascenseur qui les desservira et une entrée commune par le rez-de-chaussée rue Louis Auréglia. Le complexe s’étendra sur 11 niveaux dont 7 étages et 4 sous-sols. « Le projet de 12 000 mètres carrés sera uniquement en habitations avec ses annexes et stationnements pour un seul propriétaire avec l’objectif d’en faire un usage personnel. Le quatrième bâtiment, actuellement Les Myrtes et futur Rosier Sauvage, sera éventuellement du locatif », détaille l’architecte. De manière globale, cela représente un gain de construction de l’ordre d’un tiers par rapport à ce qui existe actuellement. « La contrainte était de garder en superstructure des immeubles isolés, indépendants et ne pas imaginer de gros immeubles qui dénaturaient le paysage », poursuit Christian Curau. En effet, s’il ne fallait pas tomber dans la démesure et garder une échelle humaine du projet, une autre spécificité venait s’ajouter à la réalisation de ce projet, l’emprise des terrains se trouvant à la fois dans un secteur protégé et une ordonnance de quartier. « La difficulté réside dans l’interprétation du règlement et pour ne pas semer la zizanie et complexifier l’analyse administrative réglementaire de ce dossier, nous avons fait en sorte que chaque typologie de bâtiment soit bien comprise dans un secteur et qu’aucun de ces secteurs ne débordent sur l’autre, sans pour autant imaginer la césure à l’œil nu », explique-t-il. Une étape qui a permis de donner davantage de chance à ce dossier qui prévoit également un accès véhicules depuis la bretelle d’accès de la voie rapide à la gare.

Création d’un puits d’accès

En effet, ces villas sont posées sur cette bretelle d’accès. Par le biais de la création d’un puits avec monte-voitures, il devenait ainsi possible de réaliser un accès entrée/sortie pour véhicules depuis ce tunnel. Un double avantage qui permet de décharger la rue Louis Auréglia sur le long-terme, seul accès existant pour véhicules, mais aussi en phase de chantier d’utiliser ce puits pour démolir et extraire directement par la voie rapide tous les matériaux de démolition et les gravats. Sur le plan architectural le cabinet a expliqué avoir étroitement travaillé avec les institutions compétentes en la matière comme les services de l’Urbanisme ou entendu les avis divers comme ceux du Comité Consultatif pour la Construction. « Nous avons notamment pris en compte l’une des observations du CCC sur un oriel d’angle qui causait des soucis vis-à-vis de l’escalier public. Nous avons également revu et amélioré l’esthétique des toitures qui étaient trop simples et écrasées en rajoutant des débords plus importants avec des charpentes apparentes et en assise de ces toitures, des frises et fresques plus marquées que dans le dessin d’origine », rappelle Christian Curau. Il poursuit : « Nous nous sommes empressés de faire des moulages des ornements de modénatures actuelles pour reproduire au maximum des éléments intéressants que l’on va retrouver sur ces nouvelles villas. Si l’architecture est remarquable, sur les matériaux en eux-mêmes, il n’y avait rien d’extravagant. De l’extérieur ce sont des immeubles qui ont été abandonnés depuis plusieurs années, et de l’intérieur, ils n’étaient pas de grand standing. Il n’y avait rien qui méritait d’être conservé ».

 

©Christian Curau Architecte

 

Recherche de surfaces

A la question de savoir s’il n’aurait pas fallu envisager une restructuration, Christian Curau fait preuve de magnanimité : « Oui et non. Techniquement, tout est toujours possible. Mais au vu de l’incidence foncière de l’immobilier à Monaco lorsqu’un client achète pour amortir, rentabiliser ou valoriser son patrimoine, il souhaite créer des mètres carrés supplémentaires. De même, de nouvelles règlementations thermiques sont apparues récemment et il aurait été impossible de les appliquer en l’état ». Pour rassurer nostalgiques et ardents défenseurs du patrimoine local, il relativise dans un brin d’humour : « Notre client n’avait pas de demandes extravagantes. Son objectif était de garder un style néoclassique qui s’inscrit dans le paysage urbain ». Ces nouvelles villas remodèleront donc le versant Ouest du vallon Ste-Dévote dans le respect des règles et offriront une nouvelle esthétique à cette adresse centrale pourtant tombée en désuétude. Les travaux, dont le lancement est prévu avant la fin de l’année, devraient durer environ 56 mois avec une livraison estimée au premier semestre 2023.

 

Délia Dupouy

Photo Principale ©Christian Curau Architecte 

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