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Charles Zana : « Le Comptoir Goyard Monte-Carlo est un projet emblématique »

3 décembre 2018 - 15h52

Architecte DPLG, décorateur ou encore designer, Charles Zana cumule avec dextérité les diverses casquettes. A la tête de son agence éponyme qui compte une vingtaine de personnes, il a récemment signé la boutique de maroquinerie Goyard, inaugurée en juin dernier avenue de Monte-Carlo. Affable, cet épris d’art installé à Paris évoque ses réalisations avec passion. 

Né en Tunisie, Charles Zana débarque à Paris à l’âge de deux ans. Très tôt, il développe un goût prononcé pour l’art contemporain et du début du XXème siècle sous l’influence d’un père collectionneur. « En corollaire de l’art, il y avait le design, c’était la fin des années Pompidou et à cette époque dans certaines familles, c’était de bon ton, une façon d’exprimer un engagement d’être aménagé en contemporain. J’ai baigné dans toute cette époque où l’on mettait un grand coup de pied dans les classiques. On vivait dans des intérieurs avec du Paulin, Gae Aulenti… », se rappelle presque avec un brin de nostalgie l’architecte. L’amour du design couplé à un talent certain pour les matières techniques décident de l’orientation scolaire du jeune homme. Ce sera l’architecture aux Beaux-Arts, synthèse à ses yeux des deux paramètres précités plus tôt. « Aux Beaux-Arts, mon goût se portait sur la peinture. J’ai choisi l’unité architecture qui était la plus proche de ce que j’aimais, en me disant que si j’étais aux Beaux-Arts, je n’étais pas si loin de l’art », glisse-t-il en riant.

 

©Matthieu Salvaing

 

Style et double influence

Lorsqu’il sort de l’école en 1986, Charles Zana part deux ans à New York puis retourne dans la capitale française où il travaille pour l’architecte d’intérieur Bernard Fric. « J’ai découvert à ce moment-là que la dimension qui m’intéressait était vraiment celle de l’architecture intérieure », confie-t-il. Au début des années 1990, il lance alors sa propre agence. Aujourd’hui, après plus de trente ans de métier, l’architecte se veut lucide sur sa démarche : « J’ai une double influence. Je suis issu des arts décoratifs français et de la tradition des années 1930 ; de cette révolution des arts décoratifs qu’il y a eu en France insufflée par des gens comme Chareau, Jean-Michel Frank parce qu’ils ont réécrit un nouveau classicisme ; puis pendant mes années d’études des mouvements radicaux italiens. J’ai un petit peu évolué et je me suis tourné vers des formes de design plus ludique, gai et subversif. Je suis un mélange de traditions françaises classiques et de design italien dolce vita ». Un alliage d’essences qu’il s’est attaché à mettre en application lors de l’aménagement de la boutique de maroquinerie de luxe Goyard, avenue de Monte-Carlo.

Goyard à Monte-Carlo

« Nous avons fait toute la boutique dans un esprit assez classique. Il s’agit d’une boutique traditionnelle pour le célèbre malletier du XIXème qui éprouve une forte création contemporaine. L’idée était de garder les codes classiques de la marque mais d’insuffler un côté Riviera des années 1930-1940 de la Belle Epoque. Il faut savoir qu’historiquement les premiers comptoirs Goyard étaient installés à Biarritz, Paris et Monte-Carlo ! », rappelle pour l’anecdote Charles Zana. Un projet qu’il range volontiers dans ses coups de cœur : « Goyard est important pour nous car nous avons travaillé en proximité avec la marque et son président-directeur général Jean-Michel Signoles. Il fait partie de ces projets emblématiques par la synergie qui se crée avec son client ». Habitué de la Principauté, l’architecte d’intérieur n’en est pas à son coup d’essai puisqu’il compte trois réalisations d’appartements privés dont les adresses ne peuvent être plus explicites : boulevard des Moulins et avenue Princesse Grace. « Place des Moulins, j’ai réalisé en 2014 un appartement privé avec une magnifique terrasse. Nous avons rejoint deux appartements en un », se remémore-t-il. Interrogé sur le regard de professionnel qu’il porte sur l’Etat princier, Charles Zana avoue sans hésitation : « Je trouve qu’il y a une architecture des années 1960 particulièrement intéressante à Monaco. Toute la rénovation de Monte-Carlo est un projet fascinant. C’est une ville un peu surréaliste, qui pousse de partout sur un petit territoire avec un urbanisme qui ne ressemble à rien d’autre, si ce n’est peut-être à Hong Kong. Il reste des perles d’architecture des années 30-40, ce sont des bâtiments qui traduisent ce qu’a été Monte-Carlo il y a moins d’un siècle ».

 

©Matthieu Salvaing

 

Voyage permanent

Pas avare sur son actualité, l’architecte compte une activité dense sur une ville côtière peu éloignée, à Saint-Tropez avec la réouverture en mai prochain « d’un hôtel mythique » prénommé le Lou Pinet. C’est aussi, par pure coïncidence, dans cette célèbre commune que Charles Zana compte trois maisons en cours d’aménagement. « Je suis également sur un projet d’aménagement intérieur pour un yacht dont le chantier naval est en Australie. C’est un très beau bateau des années 1950-60, un peu vintage. Nous faisons un hôtel à Crillon-le-Brave, un petit village dans le Lubéron, et à Paris. Notre activité se porte également sur la Suisse, le Portugal, l’talie ou encore à New York et Londres… », énumère-t-il. Adepte des projets atypiques et de challenges, ce « boulimique » de nouvelles opportunités, dit mesurer la chance de voyager que lui offre sa profession. « Nous venons à peine de finir une maison à Madagascar que l’on vient de nous appeler pour une autre à Tallinn en Estonie. Nous avons cette chance dans ma génération d’avoir des projets partout et de pouvoir voyager à travers ces derniers ! », reconnaît-il.

Première édition du PAD

Et s’il n’est pas sur la route, Charles Zana accorde forcément du temps à ses équipes, esquisse quelques croquis, enseigne à l’école Camondo l’art et le design ou s’aventure dans les nombreux salons dédiés à l’art. « Il y a aussi le PAD à Monaco en avril, je pense que cela va être fantastique ! », s’exclame-t-il. L’excitation est palpable, il s’agit de la première édition de ce salon d’antiquaires qui se tiendra du 26 au 28 avril au Grimaldi Forum en collaboration avec artmonte-carlo. Un rendez-vous qu’il promet de ne pas manquer. En parlant d’art, Charles Zana est aussi l’architecte du restaurant de la maison de ventes aux enchères Artcurial à Paris. « Nous sommes partis de Gio Ponti pour faire une trattoria à l’italienne très arty à l’intérieur de cette maison de ventes aux enchères, également très présente sur Monte-Carlo. Nous souhaitions quelque chose de simple, de chic et qui ne soit pas trop marqué, car Artcurial vend aussi bien des montres que des tableaux anciens, que du design. C’est un art de vivre très intemporel », analyse-t-il. Un adjectif qui résume également avec exactitude le travail sobre et juste de Charles Zana, qui ne collectionne décidément pas les fautes de goûts.

 

Délia Dupouy

Photo ©Yannick Labrousse

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