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Charles Leclerc, une première saison en F1 réussie

20 décembre 2018 - 14h15

Pour son premier exercice en Formule 1, Charles Leclerc a donc terminé à la XXème place du classement des pilotes et mené Sauber à la 8ème place des constructeurs. Tout au long des huit mois de compétition, le futur pilote Ferrari n’aura cessé d’apprendre et d’impressionner. Arthur, son petit frère engagé en Formule 4, et Franck Anfosso*, qui suit le Monégasque depuis 2011, ont accepté de revenir sur ses performances.

Charles Leclerc vient de terminer sa première saison en Formule 1. Comment la qualifieriez-vous ?

Arthur Leclerc : Elle était juste énorme. Il a fait un gros travail avec l’équipe et a montré de grandes choses, comme, par exemple, réussir à intégrer les Q3 (troisième phase des qualifications qui détermine la grille de départ des dix premiers pilotes, NDLR) au Brésil, alors que la pluie commençait à tomber et qu’il était très difficile d’améliorer son chrono dans de pareilles conditions, ou encore prendre la 7ème place finale. C’était fou ! Il a le talent pour aller chez Ferrari, le mental aussi. Charles résiste à la pression. Pour une première saison en F1, c’est génial de le voir réaliser autant de choses.

Franck Anfosso : Exceptionnelle. Charles a pris le temps de s’habituer à la catégorie. Il a compris que sa manière de piloter, sur certains points techniques, était à remettre un peu en question. A partir de là, il a tout explosé. Sa 6ème place à Bakou en est le parfait exemple. Tout au long de la saison, il a prouvé que cela n’avait pas été un coup de chance. Il a régulièrement été dans les points, souvent en Q3… Comme l’a dit Arthur, on l’a vu au Brésil. Il a insisté pour refaire un tour en Q2 et est finalement parvenu à se hisser en Q3. Grâce à cela, Sauber a consolidé sa 8ème place au championnat des constructeurs.

 

©Sauber F1

 

A-t-il réalisé sa meilleure course à Bakou ?

A.L. :  C’est son premier gros coup puisqu’il prend la sixième place pour son quatrième départ en F1… C’était exceptionnel. Avec aussi peu d’expérience, il est tout de même parvenu à faire un très bon résultat, en se plaçant juste derrière les Ferrari. Il avait eu les occasions, certes, mais il fallait réussir à les saisir ! C’est lors de ce week-end qu’il a prouvé sa valeur et qu’il pouvait aller très vite.

F.A. : C’est évidemment la course où il se révèle. Mais, personnellement, c’est surtout sa régularité qui m’interpelle. Il va chercher les points et conduit intelligemment. Il fait attention à ses pneus, prend le temps qu’il faut pour doubler. Il fait des dépassements propres, alors qu’avant, notamment en Formule 3, on lui reprochait de ne pas oser trop attaquer.

Que pensez-vous de sa progression ?

A.L. :  C’est bien de faire de bons résultats, mais les enchaîner et s’améliorer à chaque fois, c’est encore mieux ! Sur les trois premières courses, il a fini dans la seconde partie de tableau. Puis il a tapé fort. Pour être honnête, je ne m’y attendais pas du tout. Certes, il avait survolé la F2, mais il y a un écart avec la F1. C’est la cour des grands ! Mais il a prouvé tout au long de la saison qu’il était capable de faire mieux.

F.A. : Dès que la stratégie fonctionne, il est toujours dans les points. Et il ne faut pas oublier que l’écurie Sauber n’a pas un budget énorme. Pourtant, aujourd’hui, elle fait jeu égal en rythme de course avec Haas, Renault et Force India. L’année passée, Sauber était loin derrière. Ce que fait le Monégasque avec cette monoplace est quand même exceptionnel, surtout qu’elle n’est plus développée depuis quelque temps. Au Brésil, il termine à 17 secondes de Sebastian Vettel qui s’est arrêté deux fois, contre une seule fois pour Charles. Ce dernier a fait la moitié de la course avec des pneus super-tendres. La progression est là. Avec sa Sauber qui est censée être moins rapide qu’une Ferrari, il parvient à se placer tout près de Vettel.

Tout repose sur son mental ?

A.L. : Clairement. Il est très fort mentalement. C’est son plus gros atout. Surtout, il garde les pieds sur terre. Il ne cède pas à la pression. Je ne l’ai jamais vu craquer, ce qui est assez remarquable.

F.A. :  Charles a travaillé là-dessus, s’est forgé un mental d’acier. Il n’a pas forcément de pression, il a simplement toujours été exigeant avec lui-même. Je le compare souvent avec Max Verstappen puisqu’ils n’ont que 16 jours d’écart. Ces deux-là sont les meilleurs pilotes de la nouvelle génération. Verstappen, impulsif et instinctif, est le « Ayrton Senna » de l’époque. Plus réfléchi, Charles est plutôt la version « Alain Prost ». Voici le futur grand duel de la Formule 1.

 

©Michael Alesi

 

Chez Ferrari, il cohabitera avec Sebastian Vettel. Comment voyez-vous leur future relation ?

A.L. : Être à côté d’un si grand champion comme Sebastian Vettel, qui a remporté le titre à de nombreuses reprises (2010, 2011, 2012 et 2013, NDLR), c’est juste énorme. Charles a beaucoup de

chance. Il va pouvoir apprendre de lui, tirer le maximum pour s’améliorer. Cela ne peut être que bénéfique.

F.A. : A la vue des deux dernières années, je pense que si Charles commence à titiller Vettel et à se retrouver devant lui sur les courses, ce dernier fera encore plus d’erreurs que cette saison. L’Allemand gère beaucoup moins bien la pression qu’à l’époque. S’il voit un jeune loup de 20 ans, qui a toute la vie devant lui pour devenir champion du monde, cela risque de le perturber énormément. Avec Kimi Räikkönen, Vettel était dans un fauteuil. Ferrari le privilégiait. Les premières courses vont donc être décisives, même si j’imagine que Ferrari laissera une année à Charles pour s’exprimer. Ce recrutement montre que l’écurie italienne est en plein changement. Cela faisait 40 ans que Ferrari n’avait pas engagé un pilote aussi jeune que Charles.

 

©Sauber F1

 

Que peut-il jouer cette année ?

A.L. : C’est compliqué à dire. La question est difficile puisque l’on ne sait jamais ce qui peut se passer. Ce qui est sûr, c’est que Charles ne jouera pas la deuxième place. Je m’attends à beaucoup de choses de sa part, et je suis certain qu’il fera du bon travail.

F.A. : Si Ferrari le laisse faire, il sera devant Vettel. L’an prochain, la plus grosse difficulté pour Charles se nommera Lewis Hamilton. Le pilote britannique est très fort et ne fait pas d’erreurs. Si Ferrari donne une super voiture à Charles, il pourra jouer quelque chose. Pas forcément la victoire finale dès sa première saison au sein de l’écurie, même s’il sera, tôt ou tard, champion du monde.

Dans une interview qu’il nous a accordée peu avant le Grand Prix de Monaco (cf La Gazette n°523), Michel Ferry partageait cette idée, déclarant que Charles Leclerc avait toutes les qualités requises pour inscrire son nom sur le palmarès de la F1.

A.L. : Je suis d’accord avec lui. Je pense que mon frère deviendra champion du monde. Il ne lâchera jamais rien, travaillera encore plus dur pour atteindre son objectif. C’est un bosseur. Je ne dis pas cela parce que Charles est mon frère, mais tout simplement car il a le talent pour le devenir.

F.A. : J’irai même plus loin. S’il continue sur la lancée de sa carrière et qu’il a une bonne voiture, Charles gagnera son premier titre de champion du monde dans les trois années à venir.

 

Jérémie Berningole

Photo ©Manuel Goria - Sauber F1

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