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Céline Cottalorda en action

8 mars 2019 - 14h22

Céline Cottalorda, déléguée pour la promotion et la protection des droits des femmes, explique quel est son rôle alors que le comité éponyme, installé fin novembre, se réunit ce 8 mars. Deux dossiers prioritaires : l’égalité salariale femmes/hommes et la lutte contre les violences.

Quelles sont vos missions au sein du comité ?

Mon rôle consiste à préparer, à animer les travaux et à mettre en œuvre les recommandations du comité pour la promotion et la protection des droits des femmes. Ce comité a été créé car le gouvernement souhaite faire évoluer les droits des femmes en Principauté. Le périmètre de la mission est vaste puisqu’il concerne à la fois la lutte contre les violences faites aux femmes et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes, domaines qui regroupent eux-mêmes plusieurs dimensions (économiques, sociales, philosophiques, sociétales…).

Pratiquement, quels sont les membres du comité ? Comment fonctionne-t-il ?

Le comité est composé des représentants de la direction des Services judiciaires, des instances gouvernementales compétentes et d’un délégué. Il associe également à ses travaux les entités institutionnelles comme le Conseil national, la mairie, le Haut-Commissaire à la Protection des droits, des libertés et à la médiation, ainsi que les représentants des associations qui traitent de la question des droits des femmes. Il coordonne, met en œuvre et évalue les politiques nationales dans les domaines de la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre toutes les formes de violences et de discriminations à l’égard des femmes. Il peut collecter des données pertinentes sur ces sujets et les analyser. Il est chargé aussi de développer des relations avec ses homologues étrangers et d’échanger avec eux. Enfin, il veille au suivi des recommandations formulées par les organes internationaux qui assurent la mise en œuvre des Conventions de l’ONU et du Conseil de l’Europe. C’est la raison pour laquelle il est présidé par le conseiller de gouvernement-ministre pour les Relations extérieures et la coopération, Gilles Tonelli. De manière concrète, il y aura un travail permanent et régulier avec tous les acteurs concernés, sous forme de groupes de travail thématiques. Le comité se réunira au moins une fois par an pour faire un bilan des actions menées et donner ses orientations pour mettre en œuvre de nouvelles mesures. J’ajoute qu’il pourra également faire appel à des personnes qualifiées ou des experts pour l’aider dans ses travaux.

Quels sont les premiers domaines dans lesquels le comité prévoit de s’impliquer ?

Depuis que j’ai commencé ma mission, je suis allée à  la rencontre de tous les acteurs du comité pour avoir une vision de terrain et recueillir leurs besoins. Cet état des lieux m’a permis de faire ressortir plusieurs pistes d’amélioration. Je peux citer les attentes concernant un renforcement des actions de sensibilisation, de prévention et de formation. Sur le plan législatif il y aura également un chantier à mener pour gommer certaines formulations obsolètes dans nos textes. Un autre domaine important est celui de la communication et de l’information du grand public que je souhaite développer avec le comité. Il faudra donner le plus de visibilité possible à nos actions.

Concernant les violences, avez-vous pu déjà identifier les principaux types de cas à Monaco ? Pensez-vous qu’il faille compléter la loi de 2011 ?

La violence physique et sexuelle touche tous les pays et toutes les classes sociales. Dans le monde, 35% des femmes ont déjà subi ce type de violence au moins une fois dans leur vie. Monaco n’échappe malheureusement pas à ce phénomène. L’AVIP, l’Association d’Aide aux Victimes d’Infractions Pénales, qui a été créée en 2014 et dont le travail est remarquable pour l’aide et l’accompagnement des victimes permet de recenser certains cas. Il s’agit notamment de cas de violence conjugale (physique et morale), de harcèlement ou de viol. Cependant il faut aller plus loin dans le recensement. Il nous faut une cartographie qui prenne en compte tous les acteurs qui interviennent dans le processus afin de savoir exactement quelle est la situation à Monaco pour mettre en place les politiques publiques les plus adaptées. C’est l’enjeu de l’étude qui a été confiée à l’IMSEE au moment de l’installation du comité : établir une nomenclature précise et fournir des données chiffrées sur les violences à Monaco. Cette étude sera menée en collaboration étroite avec toutes les entités concernées (sûreté publique, CHPG, services judiciaires, services sociaux, haut-commissariat, associations). Quant à la loi de 2011 sur les violences particulières, elle constitue la pierre angulaire en matière de droits des femmes puisqu’elle protège et réprime plus lourdement les violences à leur encontre.

Vous évoquiez l’égalité, vous citez plusieurs dimensions, où y a-t-il le plus à faire selon vous ? Quid de l’égalité salariale ?

La question de l’inégalité salariale est un sujet très médiatisé depuis quelques temps car il pointe une véritable injustice. L’aspect positif de cette situation est qu’il y a une plus grande transparence et que celle-ci contribuera à faire évoluer les mentalités et les faits je l’espère. En Europe, l’écart moyen entre le salaire d’un homme et d’une femme est de l’ordre de 20%. A Monaco, dans ce domaine aussi, nous avons besoin de disposer d’un diagnostic précis pour prendre les bonnes mesures. C’est pour cela que le comité a demandé à l’IMSEE de réaliser une étude sur les inégalités salariales dans le secteur privé et public. C’est une grande première et je peux vous dire que les résultats sont très attendus !

Comment voyez-vous l’engagement de Monaco en faveur de la défense des intérêts des femmes ?

C’est un sujet sur lequel la Principauté s’est engagée depuis de nombreuses années notamment en adhérant à des conventions internationales qui défendent les droits des femmes et ont pour but de lutter contre les discriminations à leur égard. Récemment la modification du statut de chef de foyer a été mise en œuvre ce qui est un signe positif d’évolution. Avec la création de ce comité, il y a une volonté d’aller plus loin. De plus, Monaco ne pouvait pas rester insensible à ce qu’il se passe ailleurs dans le monde avec notamment le mouvement #MeToo qui a libéré la parole des femmes. C’est donc une très bonne opportunité d’avancer sur cet important sujet.

Propos recueillis par Noël METTEY

© Direction de la Communication

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