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Cal Leeming : “Ces compétences revêtent une valeur inestimable”

22 septembre 2018 - 16h36

Poussé par une passion incessante pour la technologie, Cal Leeming était invité en tant que conférencier au Rendezvous Cluster Yachting où il a évoqué les risques encourus par l’industrie du yachting. Après des débuts nuisibles, où sa curiosité naturelle et son obsession pour comprendre le fonctionnement des choses l’ont égaré, Cal Leeming, âgé de seulement 12 ans, est devenu le plus jeune enfant à être poursuivi en justice pour piratage au Royaume-Uni. Aujourd’hui, il est le fondateur de River Oakfield, une société de cybersécurité qui fournit des solutions sur-mesure aux clients privés et aux entreprises.

Comment vous êtes-vous lancé dans le piratage informatique ?

J’ai grandi dans les années 90, une époque où peu de personnes réalisaient véritablement l’impact que pourrait avoir Internet sur nous. Ma mère en faisait partie. De cette technologie, elle m’en a donné un accès sans aucune restriction : pas de limitation concernant l’heure, pas de règles d’utilisation. Cela s’est avéré à double-tranchant. Mes grands-parents nous avaient acheté un nouvel ordinateur à plus de 1 000£, un Dell 433/L avec un processeur 33Mhz très performant qui possédait la même puissance que la première Playstation sortie en 1994. Aujourd’hui, cela serait comparable à un ordinateur de très haut niveau. Quand il a été livré, j’étais excité car il représentait exactement tout ce que j’espérais. Un coup de foudre. Durant deux ans, j’ai passé tous mes week-ends à apprendre la programmation et le matériel informatique, à essayer de comprendre comment cela fonctionnait, au grand désarroi de mes grands-parents. Je me découvrais une aptitude à travailler de manière excessive sur de longues périodes. Je passais 12 heures devant un ordinateur sans manger ni boire, sans même me rendre compte que j’étais déshydraté. Un jour, j’ai compris comment me connecter sur Internet via un modem, découvrant de la même façon IRC (Internet Relay Chat). C’était le Twitter de l’époque. L’on utilisait des hashtags pour définir les sujets dont on débattait sur des forums. C’était purement du texte, il n’y avait pas de mèmes ou de clichés dénudés de célébrités à l’horizon. J’y ai rencontré d’autres personnes de mon âge avec des centres d’intérêt communs et certains sont devenus mes meilleurs amis.

Depuis, vous avez parcouru du chemin. Quel message transmettriez-vous aux jeunes qui seraient tentés par le piratage informatique ?

Ces jeunes doivent comprendre que leurs compétences sont hautement profitables autour d’eux. Il existe beaucoup d’entreprises pour qui cet ensemble de compétences revêt une valeur inestimable, donc ne pensez pas que le seul moyen de les utiliser se trouve dans la criminalité. En fait, beaucoup de logiciels open-source aujourd’hui sont le résultat de hackeurs ayant extrait des codes de produits déjà existants. Bien sûr, cela peut être tentant d’emprunter le mauvais chemin mais cela serait gâcher leurs compétences. Dans le monde d’aujourd’hui, la chance de se faire attraper après avoir commis un crime cyber est assez élevée, et ces jeunes qui commettent de tels actes par naïveté ou curiosité entachent leur parcours à vie. Ces compétences peuvent leur ouvrir les portes du monde professionnel. Il y a tellement de métiers qui recherchent ces profils. Le crime cyber expose à trop de risques pour le peu de récompenses qu’ils en retirent, mais, à l’inverse, ces compétences peuvent leur offrir l’assurance d’une belle carrière. Je leur conseille de se concentrer sur cela parce que les récompenses sur le long terme sont bien plus profitables et leurs noms seront associés à de bonnes actions plutôt qu’à de mauvaises.

Quelle est votre activité aujourd’hui ?

Durant les dix dernières années, j’ai été incroyablement chanceux de travailler avec des entrepreneurs visionnaires et influents. Une de ces personnes était Adam Lyons, avec qui nous avons lancé The Zebra depuis nos chambres en 2012. Aujourd’hui, The Zebra compte 70 millions de dollars d’investissements et 150 employés. Pas mal pour deux décrocheurs scolaires ! A l’heure actuelle, je suis le fondateur de River Oakfield, une entreprise offrant des solutions de cybersécurité qui aide ses clients à comprendre et à minimiser les risques. Pour nos clients privés, bien souvent des familles et des particuliers, nous proposons une gamme de services qui réduit drastiquement le risque de devenir une victime d’un crime cyber ou pire. Ces services aident à détecter et à prévenir les accès non-autorisés de leurs mails, données, ordinateurs portables, smartphones, comptes de réseaux sociaux… Dans le cadre d’une faille, nous prenons le relai. C’est de la prévention avec protection 24/7 avec le soutien d’un centre d’opérations de sécurité, qui inclut une réponse d’urgence immédiate. Pour nos clients d’entreprise, nous offrons une gamme de produits visant à améliorer leur prévention, détection et capacité de réponse pour maximiser leur retour sur investissements dans la cybersécurité. Notre unicité provient de notre approche, nous pensons que la culture est un élément vital pour diriger une entreprise à succès. Avec une bonne culture, vous pouvez attirer les meilleures personnes, et les clients ainsi que les employés se sentent les bienvenus dans notre grande famille.

En juin 2018 au Yacht Club de Monaco, vous avez pris la parole concernant les dangers potentiels auxquels faisaient face les superyachts. Quels sont-ils ?

Posséder un yacht implique une richesse incroyable, faisant des acquéreurs une cible très attractive pour le plus ambitieux des cybers criminels. Comme pour tout, les superyachts peuvent être piratés de différentes manières. La plupart des yachts sont équipés d’une connexion Wi-Fi, ce qui, dans certains cas, permet aux pirates d’accéder à distance au système du navire, qu’il s’agisse de caméras, de moteurs, de moyens de communication et de navigation. Presque tous les systèmes peuvent être compromis. Une fois que les pirates prennent le contrôle de l’ECDIS (traceur, NDLR) ou du GPS, ils ne contrôlent pas seulement le yacht, mais également toutes les informations des personnes à bord. Usurper un GPS est un gros challenge. De même pour le traceur, si un intrus peut tromper l’ordinateur de bord en lui faisant croire que le bateau se trouve à un endroit où il n’est pas, cela peut engendrer une catastrophe. Et ce n’est pas seulement les navires qui peuvent être piratés. L’équipage, dont la plupart n’est pas assez protégée, est une cible de choix pour les cybercriminels. Par exemple, si un membre de l’équipage a accès à l’emploi du temps du propriétaire fortuné, à ce moment-là, tous les deux peuvent se retrouver exposés à un risque important. La famille de l’équipage est également exposée et peut servir de levier. Un autre exemple avec les superyachts en charter qui sont souvent loués par des personnes soucieuses de leur sécurité et de leur vie privée. Se procurer l’accès aux caméras de sécurité est souvent un jeu d’enfant et si les images fuitent, les entreprises peuvent être directement responsables des dommages. Et il ne faut pas oublier l’impact sur la marque et la réputation. Mais, bien entendu, pour beaucoup dans le milieu, cela n’est pas une surprise.

Comment aidez-vous les propriétaires de yachts à combattre ces dangers ?

Les produits et services que nous offrons sont spécialement conçus pour parer à ces risques auxquels seraient confrontés les propriétaires de navires et de yachts. La sécurité ne se résume pas à utiliser un anti-virus et un pare-feu en cas d’incident – tout le monde peut le faire. Il s’agit de comprendre le modèle de menace de votre client et de réduire au maximum ces risques. En adoptant une approche holistique et en introduisant de nombreux paliers de sécurité, la majorité des menaces peuvent être prévenues, détectées et neutralisées. Il est important que votre posture de sécurité s’adapte à un panorama de menaces en constante évolution. Notre première étape consiste à aider les clients à comprendre leur modèle de menace et à établir une base de sécurité en ligne avec leur culture et leur vision, leur permettant même de combattre les adversaires les mieux équipés.

Délia Dupouy & Jérémie Bernigole

Photo  ©DR

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