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Arthur Tanzi, un Monégasque à Melbourne

21 juillet 2019 - 10h33

Melbourne, jugée par certains classements internationaux comme la métropole la plus agréable à vivre au monde, a su attirer le Monégasque Arthur Tanzi en 2011 pour y développer son activité dans l’événementiel culturel. Entretien avec un passionné de musique.

Comment vous est venu votre intérêt pour la musique ?

Du côté de ma mère qui appartient à la famille de Millo-Terrazzani, il y a un jazzman mythique, Barney Willen, auteur d’un magnifique album de Jazz intitulé La Note Bleue… Du côté de mon père, il y a aussi toute une lignée de batteurs de jazz amateurs. Je suis né à Nice où j’ai grandi jusqu’à ce que, vers mes onze ans, nous déménagions avec mes parents pour nous installer à Monaco. Là, mes parents ont repris la plage du Larvotto qui s’appelait encore à cette époque les Dauphins. Ils l’ont transformée et rebaptisée La Note Bleue, en y organisant un festival de Jazz de juin à août — le plus long de la Côte d’Azur ! Au début y jouaient des musiciens locaux, puis le festival s’est internationalisé petit à petit sous l’impulsion de Nicolas Viccaro — batteur niçois de renommée internationale. Les gens peuvent dîner sur place ou juste prendre un verre pour écouter les concerts. Il y a des têtes d’affiche exceptionnelles qui viennent, comme le saxophoniste Bill Evans, le guitariste Mike Stern ou le collectif de Melbourne 30/70. Mon père a aussi créé un label et produit des artistes… J’ai des souvenirs forts des concerts de La Note bleue quand j’étais adolescent, ça m’a formé.

C’est ce qui vous a décidé à travailler dans le monde de la musique ?

Au début, franchement, je ne savais pas bien ce que je voulais faire. Je suis passé par le collège Charles III, puis le Lycée Albert 1er où j’ai fait un bac ES. J’étais attiré par les sciences sociales et humaines, alors j’ai fait une prépa sciences po à Aix-en-Provence. Mais j’ai échoué à tous les concours que j’ai passés ! La douche froide. J’ai alors débuté une licence de droit à Paris I Sorbonne. Le premier jour de fac, j’ai compris que cette voie n’était pas pour moi. Mais j’ai tout de même persisté pour obtenir au moins ma licence. Je vivais à la Fondation de Monaco de la Cité universitaire à Paris, j’y ai de très bons souvenirs.

A quel moment vous est venue l’idée d’aller en Australie ?

A la Fondation, je voyais des jeunes de mon âge qui évoluaient dans le culturel et ça m’attirait. J’avais plusieurs amis anglophones qui m’ont fait découvrir les opportunités en Australie. J’ai repéré un « Master of Arts » de la Melbourne University qui ouvrait sur la médiation culturelle.

Vous vous êtes facilement adapté à la vie australienne ?

Melbourne n’est pas la ville australienne cliché, avec ses surfers ou ses plages. C’est une métropole de quatre millions d’habitants avec beaucoup de bars, de centres culturels… La scène musicale est très active. Un touriste qui débarque peut passer à côté, il y a quelque chose d’un peu caché, magique. Dès le début de mes études, j’ai travaillé comme serveur dans un restaurant végétarien du quartier de Fitzroy, le cœur créatif de la ville. C’est là que j’ai rencontré la plupart des gens avec lesquels j’ai développé ensuite mes projets créatifs. Un de mes premiers stages m’a convaincu que l’événementiel était pour moi. C’était dans un couvent reconverti en centre culturel : The Abbotsford convent. On m’a fait confiance alors que j’étais totalement débutant, et j’y ai beaucoup appris. Un an après, j’ai fondé un collectif, « Foreign brothers », avec trois amis (un Israélien, un Franco-anglais de mère iranienne, un Afro-américain) afin de monter des événements musicaux. Depuis nos débuts en 2013, on a monté plus de cent projets à Melbourne, des jam sessions, des concerts en plein air, des roller jams, des collaborations avec des festivals, des tournées d’artistes internationaux, et bientôt notre festival ! En parallèle je manage deux artistes et travaille pour le « Footscray Community Arts Centre », où ont lieu expos, conférences, ateliers d’écriture, concerts… On privilégie les artistes des communautés marginalisées : réfugiés, aborigènes… Je suis très sensibilisé au sort des aborigènes d’Australie, qui ne représentent plus que 3% de la population.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je travaille pour un festival électro, Strawberry Fields Festival, qui a lieu en novembre dans l’arrière-pays et je m’occupe de développer la partie live music. Et je poursuis mes activités avec « Foreign brothers », qui me tiennent particulièrement à cœur. Je reviens à Monaco les deux mois d’été et c’est l’occasion de développer mes contacts en Europe tout en assistant à des concerts à La Note Bleue… Un jour, je pense que je reviendrai ici avec un projet musical innovant !

Clara Laurent

©DR

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